Dora Maar, peintre et photographe.

Dora Maar, pseudonyme d’Henriette Theodora Markovitch, née le 22 novembre 1907 à Paris et morte le 16 juillet 1997 dans la même ville, est une photographe et artiste peintre française.

Elle fut l’une des amantes et muses du peintre Pablo Picasso, rôle qui a longtemps occulté l’ensemble de son œuvre.


Début 1930, elle installe un atelier de photographie rue Campagne- Première à Paris avec Pierre Kéfer, photographe et décorateur pour le film de Jean Epstein, La Chute de la maison Usher (1928). Elle fait la  connaissance du photographe Brassaï, avec qui elle partage la chambre noire de l’atelier. Maar rencontre Louis-Victor Emmanuel Sougez, photographe travaillant pour la publicité, l’archéologie et directeur artistique du journal L’Illustration, qu’elle considère comme un mentor.

Vers 1930, elle entame une liaison avec le cinéaste Louis Chavance. Elle fréquente le groupe Octobre, formé autour de Jacques Prévert et de Lou Tchimoukow, deux Lacoudem proches de Louis Chavance. Max Morise fait lui aussi partie de la troupe d’agit prop, après sa rupture avec le surréalisme.

Sa première exposition personnelle est organisée à la galerie Vanderberg, à Paris.

Par l’intermédiaire d’une association d’extrême gauche antistalinienne, Masses, dirigée par René Lefebvre et administrée par Jacques Soustelle, ouverte aux marxistes et non-marxistes, avec le soutien, notamment, de Simone Weil, elle rencontre Georges Bataille, membre de cette association depuis octobre 1933, et devient son amante jusqu’en 1934. Après les manifestations fascistes du 6 février 1934 devant l’Assemblée nationale française, elle signe le tract Appel à la lutte rédigé à l’initiative d’André Breton.

Fin 1935, Dora Maar est engagée comme photographe de plateau sur le film de Jean Renoir, Le Crime de monsieur Lange. À cette occasion, Paul  Éluard lui présente Pablo Picasso en janvier 1936 dans le café des Deux Magots. Leur liaison va durer près de huit années jusqu’en 1943 (année qui voit Françoise Gilot apparaître dans la vie du peintre), sans que Picasso ne rompe pour autant sa relation avec Marie-Thérèse Walter, mère de sa fille Maya. « La rupture se solde pour elle par une dépression nerveuse et l’exaspération de ses tendances mystiques ». Après une crise au cinéma La Pagode, elle est internée à l’hôpital Sainte-Anne, où on lui administre des électrochocs ; Éluard et Picasso refusent ce traitement et la confient à Jacques Lacan. Après une longue analyse, elle « poursuit son travail pictural qui rejette rapidement l’influence de Picasso. »

Dora Maar photographie les étapes de la création de Guernica, tableau que Picasso peint dans son atelier de la rue des Grands-Augustins de mai à juin 1937 ; Picasso a utilisé ces photographies dans son processus de création. Parallèlement, elle est le principal modèle de Picasso qui la représente le plus souvent en larmes ; elle-même réalise plusieurs autoportraits intitulés La Femme qui pleure. Dans l’épisode de Vénus s’épilait-elle la chatte ? dédié à la violence de Picasso, Julie Beauzac analyse : « Picasso l’humiliait quotidiennement, il la frappait et parfois jusqu’à ce qu’elle perde  connaissance. La série Femme qui pleure la présente sous les traits cubiques d’un visage déformé par la douleur et l’angoisse. »

Ce sont cependant les travaux de la période surréaliste qui demeurent les plus recherchés par les amateurs : Portrait d’Ubu (1936), 29 rue d’Astorg, Sa sœur noire, collages ou photomontages. Portrait d’Ubu, deviendra même un symbole de ce mouvement, par son titre, référence au Père Ubu, personnage inventé par Alfred Jarry, qui symbolise les bas instinct de l’homme, et par la composition énigmatique de cette image absurde qui serait un fœtus de tatou.

Dora Maar est victime de violences conjugales comme nombre des maitresses de Picasso. Plusieurs historiens et spécialiste de l’art considèrent aujourd’hui que c’est Picasso qui a détruit sa carrière et sa santé mentale. Sa liaison avec Picasso s’achève en 1943, bien qu’ils se revoient  épisodiquement jusqu’en 1946. Ainsi le 19 mars 1944, elle tient le rôle de l’Angoisse grasse, lors de la lecture chez Michel Leiris de la première pièce de Picasso, Le Désir attrapé par la queue, conduite par Albert Camus. En 1944, par l’intermédiaire de Paul Éluard, Dora Maar rencontre Jacques Lacan qui la soigne de sa dépression nerveuse. Picasso lui achète une maison à Ménerbes, dans le Vaucluse, où elle se retire et vit seule. Elle se tourne vers la religion catholique, rencontre le peintre Nicolas de Staël qui habite le même village et peint des tableaux abstraits.

L’œuvre peinte de Dora Maar reste méconnue jusqu’à la vente posthume, organisée en 1998-1999, qui fait découvrir au public et aux professionnels une production très personnelle qui n’avait jamais quitté son atelier.

Maar abandonne la photographie pour la peinture aux côtés de Picasso. Mais c’est à partir de la douloureuse séparation avec lui qu’elle devient vraiment peintre. Les œuvres tragiques figuratives, telles le Portrait d’Éluard, ou l’Autoportrait à l’enfant de 1946, traduisent, par des tons sombres, la douleur des années d’après-guerre.

Après des années de lutte, entre dépressions et mysticisme, l’enfermement volontaire de Dora Maar avec ses souvenirs connaît une brève embellie dans les années 1960 à 1970, avec des grands formats abstraits aux couleurs chatoyantes. Mais c’est à partir des années 1980 que l’artiste peintre s’exprime pleinement dans ses multiples tableaux du Luberon, où les paysages sauvages autour de sa maison de Ménerbes, balayés de nuages et de vent, révèlent avec force la lutte d’une artiste aux prises avec les  fantômes de son passé.

Dora Maar, carte maximum, France.

De 1946, année de sa séparation d’avec Picasso, jusqu’à son décès en 1997, elle partage son temps entre Ménerbes et Paris où elle vit pauvrement, recluse, 6 rue de Savoie, non loin des Grands-Augustins. Devenue antisémite et homophobe, elle s’est coupée volontairement de ses anciens amis dans les dix dernières années de sa vie.

En 1990, Marcel Fleiss expose, dans sa galerie rue de Penthièvre à Paris, une série de ses tableaux.

Morte dans l’anonymat en 1997 à l’Hôtel-Dieu, Dora Maar est inhumée au cimetière communal de Clamart, dit cimetière du Bois-Tardieu.

Elle n’a pas eu d’enfants. Ses héritiers indirects sont retrouvés après une longue enquête. La succession donne lieu à une première vente aux enchères en 1998, à la maison de la Chimie (Paris), qui réalise 214 millions de francs de bénéfices. Une seconde vente aux enchères a lieu en juin 2022 à partir d’un reliquat de 750 photographies, organisée par Artcurial à l’hôtel Marcel-Dassault (Paris).

Source : Wikipédia.

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