Dino Buzzati, journaliste, peintre et écrivain.

Dino Buzzati Traverso, connu sous le nom de Dino Buzzati, né le 16 octobre 1906 à San Pellegrino di Belluno en Vénétie, mort le 28 janvier 1972 à Milan, est un journaliste (au Corriere della Sera), peintre et écrivain italien dont l’œuvre la plus célèbre est le roman intitulé Le Désert des Tartares. De son métier de journaliste lui vient l’habitude de chercher des thèmes et des récits de la vie quotidienne et d’en faire ressortir l’aspect insolite, parfois fantastique.


Dino Buzzati (le nom Traverso fut ajouté en 1917), est né à San Pellegrino di Belluno en Vénétie dans la maison familiale. Sa mère, Alba Mantovani (1871-1961), vétérinaire, était originaire de Venise, fille d’un médecin, et son père, Giulio Cesare Buzzati (1862-1920) était un juriste célèbre, issu d’une illustre famille hongroise de Belluno, connu comme professeur de droit international de la fameuse université Luigi Bocconi de Milan. Dino Buzzati est le deuxième d’une fratrie de quatre enfants.

En 1924, il entame des études de droit à l’Université de Milan. Alors qu’il achève ses études, il est embauché en 1928 par le journal milanais Corriere della Sera où il poursuit sa carrière journalistique jusqu’à la fin de sa vie. Il y débute comme correcteur et devient ensuite reporter, correspondant spécial, essayiste, éditeur et critique d’art.

En 1933 paraît son premier roman intitulé Bàrnabo des montagnes suivi deux ans plus tard de Il segreto del Bosco Vecchio. À la fin des années 1930 Buzzati publie des nouvelles fantastiques dans le Corriere della Sera.

Dino Buzzati, carte maximum, Italie, 16/10/2006.

La critique littéraire des œuvres de Buzzati souligne que son activité journalistique a influencé ses écrits dans la mesure où ses récits fantastiques sont rédigés dans un style très réaliste. Buzzati lui-même fait un commentaire à ce sujet1 : « Il me semble que le fantastique doit être aussi proche que possible du journalisme. Il ne s’agit pas de banaliser les choses, même si en fait il y a un peu de ça. Disons plutôt que l’efficacité d’une histoire fantastique est liée à l’emploi de mots et de paroles les plus simples et les plus concrets possible ».

Durant la Seconde Guerre mondiale, Buzzati est affecté comme journaliste correspondant de guerre pour Il Corriere della sera2, notamment de la Marine Royale italienne. À cette période, son roman Le Désert des Tartares, qu’il a écrit en 1939 est publié chez Rizzoli en 1940 en Italie. En 1949, à sa sortie en France, traduit, le roman rencontre un franc succès littéraire encensé par la critique et Buzzati devient célèbre.

En 1964, il épouse Almerina Antoniazzi (1941-2015). Une année plus tôt est paru son roman Un amour, une de ses dernières œuvres.

Dino Buzzati décède d’un cancer du pancréas le 28 janvier 1972. Informé depuis longtemps de la gravité de sa maladie, ses angoisses et ses interrogations s’expriment dans un de ses derniers écrits, Le Régiment part à l’aube, publié de façon posthume, où il évoque le temps qui passe et une fin inéluctable, deux thèmes récurrents dans son œuvre. Ses derniers écrits sont à cette occasion rédigés directement sur un agenda-calendrier.

Dino Buzzati est auteur de la phrase :

« Dieu qui n’existe pas, je t’implore ». Bien que se disant non-croyant, il éprouve une fascination « pour la question du mystère et de l’au-delà ».

L’œuvre littéraire de Dino Buzzati est comparée souvent pour une part à l’influence de Kafka, par l’esprit de dérision et l’expression de l’impuissance humaine face au labyrinthe d’un monde incompréhensible, mais l’écrivain exprime un certain scepticisme à ce propos : “On parle de Kafka” […] “Moi sur ce point je ne me prononce pas”. Son œuvre est aussi rapprochée au surréalisme comme dans ses contes où la connotation onirique est très forte. Son œuvre peut aussi être rapportée au courant existentialiste représenté par Jean-Paul Sartre dans La Nausée (1938) et Albert Camus dans L’Étranger (1942). Albert Camus a transposé la pièce de Buzzati Un cas intéressant (Un caso clinico) en 1955. Les deux écrivains s’appréciaient. Enfin, ce roman au succès mondial peut être rapproché de deux grands classiques modernes : Les Choses de Georges Perec et La Montagne magique de Thomas Mann.

Une sensibilité chrétienne empreinte de sympathie pour tous les humbles et les faibles, mais aussi de compassion pour la méchanceté elle-même (non sans révolte pour ses victimes toutefois – voir L’Œuf) s’en dégage très souvent.

Son œuvre picturale oscille entre surréalisme et peinture métaphysique8. La série d’ex-voto imaginaires de l’album P.G.R. (Per Grazia ricevuta)9 en est un exemple par ses réalisations graphiques.

Buzzati n’est ni théoricien ni philosophe, mais il interroge naïvement l’énigme du monde. Eloigné du naturalisme et du vérisme italien, il situe ses récits dans l’intemporel et l’universel. Comme un photographe il capte des moments qui révèlent l’étrangeté du monde. Par son travail de journaliste, son œuvre est marquée par la nécessité de rester humble face à l’événement qui, grand ou banal, reste éphémère. L’Italie des années 1950-60, politisée, reproche à l’écrivain son manque d’engagement, mais Buzzati refuse de se détourner des questions fondamentales sur l’Homme pour une cause réductrice. Sa vie c’est écrire.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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