Cloître de Notre-Dame-en-Vaux à Châlons-en-Champagne (Marne).

La collégiale Notre-Dame-en-Vaux de Châlons-en-Champagne est une église gothique construite du XIIe au XVe siècle. Au XIXe siècle, on lui a ajouté un carillon de cinquante-six cloches.

La mention d’une première chapelle au VIIe siècle est hypothétique, mais elle est faite à partir d’un obit de l’évêque de Châlons Arnoul, élu en 665 : « Obiit Arnulphus episcopus dedit nobis altare sanctae Mariae in suburbio », cité par les Mauristes de Saint-Germain-des-Près. Une charte de Charles le Chauve, de 850, cite les biens du chapitre de la « capella Sanctae Mariae non longe a muro civitatis structura » montrant qu’une chapelle existe au IXe siècle en dehors de la ville, probablement à l’emplacement de l’église actuelle, en bordure de la rivière du Mau.

Le chapitre de la cathédrale Saint-Étienne de Châlons obtient du pape Pascal II, en 1107, une bulle de confirmation de ses biens qui comprend l’église Notre-Dame et sa paroisse. Une charte de conciliation est signée en 1114 entre le chapitre de Notre-Dame et celui de la cathédrale qui précise que l’entretien et les réparations sont à la charge des chanoines de Notre-Dame.

Cloître de Notre-Dame-en-Vaux, carte maximum, Châlons-sur-Marne, 7/06/1986.

La première mention du nom Notre-Dame de vallibus, Notre-Dame-en-Vaux, est faite en 1157 dans la chronique de l’abbaye de Saint-Pierre-aux-Monts de Châlons rapportant des miracles s’étant produits sur le chantier de reconstruction de l’église après son effondrement. Vers 1160 ou 1176, le pape Alexandre III autorise les chanoines à augmenter leur nombre et à recevoir de nouvelles prébendes pour financer la construction de l’église. En 1165, Guy de Bazoches, chanoine de la cathédrale cite les travaux de l’église Notre-Dame et note la participation des habitants.

La chronologie de la collégiale dans son état actuel a été discutée entre les historiens de l’art autour de l’effondrement de 1157. Louis Demaison a supposé que seul le chevet a été détruit en 1157 dont il fait l’analyse en la comparant au chevet de l’abbatiale Saint-Remi de Reims. Pour Ernst Gall, c’est toute l’église qui a été réédifiée après 1157. Anne Prache a proposé une chronologie à partir de l’analyse détaillée du monument.

Cloître de Notre-Dame-en-Vaux, épreuve de luxe.

Le bras sud du transept et les tours occidentales montrent que la nef n’avait initialement que deux niveaux. Au milieu du XIIe siècle, l’église avait incorporé les tours orientales plus anciennes, remontant probablement à l’église du XIe siècle dont a retrouvé les substructions de l’abside au cours des fouilles faites en 1856 à 1858, dans le transept et avait une nef avec collatéraux. Nef et transept avaient deux niveaux.

Entre 1181 et 1187, un procès se déroule entre le curé de la paroisse et les chanoines de Notre-Dame. En 1182 et 1184, le chapitre de la cathédrale réaffirme ses droits de juridiction sur la collégiale. Entre 1184 et 1187, l’archevêque de Reims, Guillaume de Champagne, intervient à plusieurs reprises pour soumettre les chanoines de Notre-Dame au chapitre de la cathédrale. Cette reconstruction de la collégiale est contemporaine de la construction de l’abbatiale Saint-Remi de Reims par l’abbé Pierre de Celle et les deux bâtiments présentent des similitudes notées par Eugène Viollet-le-Duc. La nouvelle église est bénie en 1183.

Après la fin de la période troublée, vers 1190 jusque vers 1210, des travaux sont entrepris sur le transept et la nef pour unifier l’espace intérieur. La nef et le transept sont surélevés pour mettre la voûte au même niveau que celui de la voûte projetée pour le sanctuaire. On ne peut préciser si le chevet a été modifié avant ou après les transformations et la nef et du transept.

Une inondation provoque des dégâts en 1234. La paroisse Notre-Dame devenue trop peuplée est divisée en cinq paroisses entre 1129 et 1245. L’église est dédicacée le 29 août 1322 par l’évêque de Châlons, Pierre de Latilly, à la prière des chanoines de Notre-Dame et la charte rédigée à cette occasion indique que l’église était terminée depuis longtemps.

Au XIVe siècle, on a ajouté des flèches en bois aux tours. Un porche est ajoutée en 1469 devant le portail méridional. Au XVIe siècle, les fenêtres des bas côtés sont agrandies et des verrières sont posées.

À la Révolution, deux flèches des tours orientales sont démolies, le mobilier est détruit, le portail sud est mutilé. Le culte paroissial est repris en 1795.

La Collégiale Notre-Dame-en-Vaux est classée depuis 18401 et, depuis 1998, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, parmi d’autres églises de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle, au titre des « Chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France ».

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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