Clément XI, Pape.

Gianfrancesco Albani, né le 23 juillet 1649 à Urbino dans les Marches (Italie) et décédé le 19 mars 1721 à Rome, fut le 243e évêque de Rome, et donc pape de l’Église catholique qu’il gouverna de 1700 à sa mort en 1721, sous le nom de Clément XI (en latin Clemens XI, en italien Clemente XI).


D’origine albanaise, de Laç de Kurbini, son ancêtre, Michel Laçi, quitta l’Albanie avec ses deux fils, Georges et Philippe (combattants avec Skanderbeg) à cause des Turcs. Il s’installa à Urbino, en Italie, où il prit le nom d’Albani. Georges eut deux fils, Altobelli et Hannibal. Altobelli eut aussi deux fils, Horace et Charles. Horace s’installa à Rome, où il fut nommé sénateur par le pape Urbain. Charles était le père de Gianfrancesco.

Une autre branche de la famille Albani s’installa à Bergame, se distinguant avec Gian Girolamo Albani (1504-1591), chanoine, auteur d’ouvrages importants, qui devint cardinal en 1570.

Clément XI nomma cardinal son neveu Hannibal (1682-1751).

Gianfrancesco Albani entre à 11 ans au Collège romain, tenu par les jésuites. Avec comme précepteur particulier le père Pierre Poussines, il y fait de brillantes études et est remarqué par la reine Christine Ire de Suède alors en exil à Rome. À 28 ans, il est nommé gouverneur de Rieti. Il a ensuite la responsabilité des diocèses de Sabina et Orvieto. Rappelé à Rome, il est nommé vicaire de Saint-Pierre de Rome, puis secrétaire des brefs pontificaux. En 1690, il reçoit le chapeau de cardinal au titre cardinalice de Santa Maria in Aquiro, bien qu’il ne soit pas encore prêtre.

En 1700, à la mort d’Innocent XII, le conclave s’apprêtait à élire le cardinal Mariscotti, mais la France y met son veto. Les cardinaux se tournent alors vers le cardinal Albani, diplomate qui n’a pourtant que 51 ans. Ordonné prêtre vingt-quatre heures avant son élection, il est immédiatement consacré évêque.

Dès son élection, le nouveau Clément XI doit faire face à la guerre de Succession d’Espagne : Charles II est en effet mort durant le conclave. Il prend d’abord parti, en 1701, pour Philippe V et la France. Néanmoins, cela lui vaut l’hostilité autrichienne et le problème de l’investiture du royaume de Naples et de Sicile lui vaut également le mécontentement de Philippe V. Les revers des troupes franco-espagnoles face à l’Empire laissent à découvert les États pontificaux. Eugène de Savoie-Carignan y fait entrer ses troupes. Clément XI doit se résigner à reconnaître Charles III en 1709. Enfin, de nouveaux coups de théâtre surviennent : les Français reprennent le dessus, Joseph Ier meurt et Charles quitte l’Espagne après son élection au trône impérial. Louis XIV, furieux, refuse la médiation de Clément XI et la papauté est représentée seulement par un observateur au traité de Rastatt. La papauté mit un certain temps à se remettre de la Succession d’Espagne.

Dans le domaine de la doctrine chrétienne, il émit les bulles Vineam Domini (1705) et Unigenitus (1713) contre le jansénisme. Il fit de la fête de la conception de la Vierge Marie une fête d’obligation et canonisa entre autres Pie V. Une petite phrase marque un grand tournant dans la vie religieuse féminine : « Que les femmes gouvernent les femmes ».

Dans une lettre du 23 avril 1718, le pape Clément XI institue canoniquement à Rome l’Académie pontificale de théologie (it), qu’il combla de privilèges, pour que ce lieu d’études soit, selon les mots de Jean-Paul II, « le siège des disciplines sacrées et nourrisse les nobles esprits, et que, comme une source, elle produise des fruits abondants pour la cause catholique »1.

Concernant son origine, il considérait l’Albanie comme sa patrie. Il fait part d’un intérêt pour ses compatriotes, accordant deux bourses d’études à des Albanais pour le collège de la ‘Propaganda Fide’ en 1708, et une troisième avec un somme de 4 000 écus. Il a envoyé en Albanie les Franciscains qui ouvrent des écoles à partir de 1711, où on enseigne la langue albanaise. Il organise un synode à Merqine de Lezhe, pour faire face à l’islamisation du pays. Les origines albanaises du Pape Clément XI jouèrent un rôle dans les hostilités contre les Turcs. Il devint le promoteur de la Ligue européenne qui conduisit à deux défaites sanglantes des Turcs, à Petrovaradin et à Belgrade, par le prince Eugène de Savoie.

Il meurt le 19 mars 1721. Son successeur est Innocent XIII.

La famille Albani s’éteint en 1852, avec le prince don Philippe, dernier fils d’Horace III.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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