Claude Joseph Rouget de Lisle, officier et auteur de “La marseillaise”

Thème : Révolution française, musique

Né le à Lons-le-Saunier, dans une maison sise 24 rue du Commerce, alors que sa mère était descendue de Montaigu au marché, Claude Joseph Rouget de Lisle est le fils aîné de Claude Ignace Rouget et de Jeanne Madeleine Gaillande Son père était avocat au bailliage de Lons-le-Saunier. Avec son frère Claude Pierre, il passe sa jeunesse à Montaigu et y poursuit ses études jusqu’au collège.

Sorti de l’École royale du génie de Mézières, il est nommé dans différentes garnisons, dont Mont-Dauphin, où il exerce ses talents de Don Juan. En garnison à Strasbourg à partir du , au début de la Révolution, il fait la connaissance de Philippe-Frédéric de Dietrich, maire de Strasbourg, dans une loge maçonnique. À la demande de celui-ci, il compose plusieurs chants patriotiques, dont l’Hymne à la Liberté pour la fête de la Constitution célébrée à Strasbourg, le . La musique, inspirée d’Ignace Joseph Pleyel et que de Dietrich fait chanter par la foule sur la place d’Armes à Strasbourg. Plus tard, il compose Le Chant de guerre pour l’armée du Rhin, le , chanté par Philippe-Frédéric de Dietrich lui-même (et non pas par Rouget de Lisle) pour la première fois en public dans son salon, dès le lendemain 26 avril. Le , Louise de Dietrich, épouse du maire, écrit à son frère Pierre Ochs :

« Cher frère, je te dirai que depuis quelques jours je ne fais que copier ou transcrire de la musique, occupation qui m’amuse et me distrait beaucoup, surtout en ce moment où partout on ne parle et discute que de politique en tout genre. Comme tu sais que nous avons beaucoup de monde, et qu’il faut toujours inventer quelque chose, soit pour changer de sujet, soit pour traiter de sujets plus distrayants les uns que les autres, mon mari a imaginé de faire composer un chant de circonstance. Le capitaine du génie, Rouget de Lisle, un poète et compositeur fort aimable a rapidement fait la musique du chant de guerre.
Mon mari, qui est bon ténor, a chanté le morceau qui est fort entraînant et d’une certaine originalité. C’est du Gluck en mieux, plus vif et plus alerte. Moi, de mon côté, j’ai mis mon talent d’orchestration en jeu, j’ai arrangé les partitions pour clavecin et autres instruments. J’ai donc beaucoup à travailler. Le morceau a été joué chez nous, à la grande satisfaction de l’assistance… »

Face à l’invasion des armées coalisées, l’Assemblée déclare la « patrie en danger », et les fédérés des provinces gagnent Paris pour participer à la défense de la Patrie. Des fédérés marseillais entonnent et répandent sur leur chemin le chant de Rouget de Lisle, qui était déjà parvenu chez eux. C’est ainsi que Le Chant de guerre pour l’armée du Rhin devient la Marche des Marseillois, puis La Marseillaise.

Rouget de Lisle quitte Strasbourg le 13 juin 1792 pour diriger la forteresse de Huningue. Le , Rouget de Lisle est destitué de ses fonctions de capitaine par Lazare Carnot pour avoir protesté contre l’internement de Louis XVI à la suite de la prise des Tuileries.

Rapidement réhabilité, il rejoint l’armée du Nord comme capitaine au corps de génie et devient aide de camp du général Valence à l’armée des Ardennes où il se lie d’amitié avec le général Le Veneur et l’adjudant général Hoche. Il s’illustre en tant qu’ingénieur lors du siège de Namur, dont la citadelle est prise aux autrichiens le 2 décembre 1792. Il ajoute alors deux couplets à la Marseillaise, intitulés « couplets aux Belges », qui sont imprimés à Namur.

Proche des monarchistes, il est emprisonné sous la Terreur mais échappe à la guillotine. En 1795, il est envoyé à l’armée des côtes de Brest sous les ordres du général Hoche. Il affronte les Chouans et les Émigrés lors de l’expédition de Quiberon. Il démissionne en 1796 et vit difficilement à Lons-le-Saunier.

l se montre tout à fait hostile à l’instauration du Premier Empire en 1804 ; il ose même alors écrire à Napoléon Bonaparte : « Bonaparte, vous vous perdez, et ce qu’il y a de pire, vous perdez la France avec vous ! »

Sous le Premier Empire, il dirige une entreprise de fournitures de vivres auprès des armées.

Rouget de Lisle compose d’autres chants semblables à la Marseillaise et en 1825 il publie Chants français. En 1830 Hector Berlioz livre à la postérité une nouvelle orchestration du Chant du Neuf Thermidor (H51bis) et de La Marseillaise (H51A). Il n’arrive pas à percer dans la carrière littéraire et doit se contenter de travaux alimentaires (préfaces, traductions d’ouvrages anglais, mémoires). Il écrit sous la Restauration un hymne royaliste, mais celui-ci, baptisé Vive le Roi !, ne parvint pas à séduire Louis XVIII qui n’agréa pas la chanson11.

Il finit sa vie dans une situation précaire, devant même vendre l’héritage de son père. On connaît une lettre que Pierre-Jean de Béranger lui adresse, le , à la prison de Sainte-Pélagie, où il est emprisonné pour dettes. En 1830, Louis-Philippe Ier lui accorde une pension viagère de 1500 francs, puis une pension supplémentaire de 2000 francs en 1832. Il s’éteint à Choisy-le-Roi le à l’âge de 76 ans. Ses cendres sont solennellement transférées aux Invalides le mais sa première tombe est conservée dans le cimetière de Choisy-le-Roi.

Les papiers personnels de Claude-Joseph Rouget de Lisle sont conservés aux Archives nationales sous la cote 75AP.

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