Claude de Jouffroy d’Abbans, architecte naval, ingénieur et industriel.

Claude François Dorothée, marquis de Jouffroy d’Abbans, né le 30 septembre 1751 à Roches-sur-Rognon (actuel Roches-Bettaincourt) en Champagne – mort le 18 juillet 1832 à Paris, est un architecte naval, ingénieur, industriel, et franc-maçon français.

À peine cent ans après le perfectionnement du principe de la machine à vapeur par Denis Papin en 1687 et plus de dix ans avant la Révolution française de 1789, il participe à la révolution industrielle dans le domaine de la propulsion maritime, des transports fluviaux et maritime, en inventant en plusieurs étapes, les premiers bateaux à vapeur et bateaux à roues à aubes prototypes, puis de ligne régulière, en concurrence avec l’Anglais James Watt et l’Américain Robert Fulton.


Claude François Dorothée de Jouffroy d’Abbans naît au château de Roches-sur-Rognon en Champagne. Membre de la famille de Jouffroy d’Abbans, il est le fils aîné du marquis Claude-Jean-Eugène de Jouffroy d’Abbans (1715-1796) et de Jeanne Henriette de Pons de Rennepont (1717-1793). Il commence ses études chez les Dominicains de Quingey près du Château familial d’Abbans à Abbans-Dessus, à environ 17 km au sud-ouest de Besançon. Puis son père le fait entrer à treize ans à la Cour de France du Château de Versailles, comme page au service de la princesse dauphine Marie-Josèphe de Saxe (belle fille du roi Louis XV). La mort de cette dernière en 1767 le fait revenir au château paternel.

Claude Jouffroy d’Abbans, carte maximum, Baume-les-dames, 27/04/2016.

De même que ses amis Claude François Joseph d’Auxiron et Charles-François Monnin de Follenay, il est initié à la franc-maçonnerie en mai 1768 à la loge Sincérité de Besançon, constituée quelques années plus tôt à l’initiative de Charles de Lacoré (intendant de la province de Franche-Comté).

Devenu lieutenant au régiment de Bourbon-Infanterie, il a une altercation — pour les faveurs d’une jeune duchesse — avec le responsable de ce régiment, le comte d’Artois, petit-fils du roi Louis XV (et futur roi Charles X). Une lettre de cachet de Louis XV l’envoie au cachot en 1772, au fort royal de l’île Sainte-Marguerite, des îles de Lérins. Ce serait lors de ce séjour qu’il observe le passage des galères, et met son enfermement à profit pour étudier les sciences.

Libéré en 1774, privé des perspectives d’une carrière militaire, il rejoint Paris et s’intéresse à la fois à la construction des navires et à l’avenir de la machine à vapeur. À une époque où la propulsion maritime est assurée par la force naturelle des courants, le halage de barge par la traction animale, ou les rames et voiles, il entre dans une société formée par Claude d’Auxiron de Quingey, les frères Périer (banquiers), et Monnin de Follenay dont le projet est de faire naviguer un bateau à vapeur. Un ecclésiastique du canton de Berne nommé Genevois avait publié à Londres en 1760 Quelques découvertes pour l’amélioration de la navigation où il développait l’invention de rames articulées et palmées, qui s’ouvrent en s’appuyant sur l’eau pour imprimer un mouvement de progression en avant, et se referment quand cet effet a été produit. Peu soutenu par son père, c’est sa sœur aînée Marie Elisabeth, chanoinesse de l’abbaye de Baume-les-Dames, qui intercède auprès de l’abbesse Henriette de Damas-Cruz, cette dernière convainquant les dames du monastère de le subventionner financièrement. En 1776, avec l’aide du chaudronnier baumois Pourchot, il construit sa première embarcation, le Palmipède, dont une machine à vapeur actionne des rames en forme de palme. Il parvient à naviguer avec succès pour la première fois de l’histoire de la navigation sur le bassin de Gondé, là ou le Cusancin se jette dans le Doubs, à Baume-les-Dames, aux mois de juin 1776 et juillet 1776 de la même année. Les deux paires de rames de chaque côté du bateau empêchent le passage aux écluses, et ce relatif échec du procédé de propulsion incite son inventeur à abandonner ce projet.

Brouillé avec ses associés, et renié par sa famille, Claude François de Jouffroy d’Abbans se retire dans son château d’Abbans près de Besançon, pour étudier une évolution de son bateau à vapeur. En 1781, il crée une société à Lyon, alors seconde ville de France, pour exploiter le Pyroscaphe, premier bateau à roues à aubes de 46 m le long, et 182 tonneaux, muni de nouvelles pales montées sur des aubes. Il est construit à Lyon avec le concours du maître de forges Antoine Frerejean. Le 15 juillet 1783, il réalise, au nord de Lyon, une spectaculaire démonstration publique devant dix mille spectateurs en remontant la Saône sur plusieurs kilomètres, de la cathédrale Saint-Jean de Lyon à l’Île Barbe, durant environ un quart d’heure.

Pour obtenir un brevet, la bateau doit naviguer à Paris, devant les commissaires de l’Académie des sciences, mais ruiné et poussé à l’exil par la Révolution française et la Terreur, il interrompt ses travaux, pour ne revenir en France qu’en 1795, en refusant de travailler pour l’empereur Napoléon Ier. À la suite de la chute du Premier Empire et de la Restauration de la monarchie française des rois Louis XVIII, puis Charles X, il reprend ses travaux en 1816 sous la protection de ces derniers, fonde le chantier naval Jouffroy d’Abbans, et inaugure son bateau à vapeur Charles-Philippe le 20 août 1816, premier service de navigation à vapeur sur la Seine, sur le territoire de Bercy, pour desservir en ligne régulière le trajet fluvial entre Paris et Montereau en Île-de-France (son concurrent américain Robert Fulton a lancé en 1807 le premier service de navigation régulier à vapeur sur l’Hudson (fleuve) entre New York et Albany).

Il perd son épouse et soutien en 1829, et ruiné par ses travaux de recherche, il est hospitalisé à l’hôtel des Invalides en tant qu’ancien officier militaire. Il disparaît un an plus tard, le 18 juillet 1832, victime à Paris, de la deuxième pandémie de choléra. Son corps est enseveli dans une fosse commune.

En 1832 l’ingénieur français Frédéric Sauvage dépose un premier brevet d’invention d’hélice marine, qui s’imposera définitivement vers 1880, jusqu’à ce jour, au bateau à roues à aubes.

En 1885 les inventeurs allemands Gottlieb Daimler et Wilhelm Maybach déposent leur brevet de premier moteur à gaz 1 cylindre puis premier moteur à essence Moteur Daimler Type P, qu’ils expérimentent avec succès sur tous types de véhicules de l’époque (moto, voiture, dirigeable…) dont le premier bateau moteur Daimler Mototboot Marie de 1888, avant que leur moteur à essence, et moteur Diesel, ne remplace rapidement les moteurs à vapeurs dans le transport mondial…

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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