Charles Robert Richet, physiologiste.

Charles Robert Richet (26 août 1850 à Paris – 3 décembre 1935 à Paris) est un physiologiste français, lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine de 1913 pour la description de l’anaphylaxie1, et président de 1920 à 1926 de la Société française d’eugénisme.

Agrégé de physiologie à la faculté de médecine en 1878, membre puis président des Sociétés pacifistes (dont il préside les congrès nationaux et internationaux), professeur de physiologie en 1887, secrétaire général de la Société de psychologie physiologique (présidée par Charcot en 1886 et vice-présidée par Théodule Ribot et Paul Janet), secrétaire général du premier congrès international de Psychologie physiologique tenu à Paris en 1889, directeur de la Revue Scientifique, membre de l’Académie nationale de médecine en 1898, lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine en reconnaissance de ses travaux sur l’anaphylaxie, membre de l’Académie des sciences en 1914, jubilé scientifique devant une Assemblée internationale de savants en 1926, c’est un excellent littérateur, sociologue, philosophe, psychologue, curieux de tout, à commencer par l’homme.

Charles Richet, carte maximum, Paris, 24/02/1987.

Membre influent du Grand Orient de France, il fut également fondateur de la Société française d’eugénique, dont il est le président de 1920 à 1926, il adopte des positions eugénistes, mais aussi fortement racistes (idées qu’il soutient notamment dans Sélection humaine, publiée en 1913). Un exemple de déclaration de Richet à l’appui de ses idées : « …une véritable aristocratie, celle des blancs, de pure race, non mélangés avec les détestables éléments ethniques que l’Afrique et l’Asie introduiraient parmi nous ».

En 1890, il réalise la première sérothérapie sur l’homme. Il est également pionnier de l’aviation avec Victor Tatin et il est propriétaire du château Richet à Carqueiranne.

Charles Richet milite aussi pour l’espéranto, et cofonde l’Institut métapsychique international en 1919, ayant promu ce terme dès 1894. Il consacre une grande partie de sa vie à l’étude des phénomènes paranormaux via cette science de l’inhabituel, notamment la télépathie, la psychokinésie, le moulage de mains de fantômes ectoplasmiques. Il participe à la fondation de la branche française de la Society for Psychical Research dont il fut président en 1905. Il a longtemps poussé ses collègues à s’incliner devant les faits de la méthode expérimentale, mais n’a jamais obtenu le consensus pour ces travaux. Charles Richet était un proche ami de Pierre Janet avec lequel il avait créé l’Institut Psychique International puis l’Institut Psychologique International en 1900-1901. Mais il s’en sépare notamment parce qu’il aurait été trompé dans l’épisode de la “Villa Carmen” (1905).

Charles Richet fait l’acquisition de l’île du Grand Ribaud (var).

Charles Richet est par ailleurs le père de Charles Richet (fils), médecin et membre de l’académie de médecine, déporté à Buchenwald, le grand-père de Gabriel Richet (1916-2014), médecin néphrologue et membre de l’académie de médecine.Il est le beau-frère de Louis Landouzy.

Sa plus grande découverte est l’anaphylaxie et, plus largement, la formation d’anticorps, qui sont le « souvenir humoral de toutes les injections et de toutes les infections précédentes ». C’est en 1902 au cours d’une croisière scientifique aux Açores, financée par le prince Albert 1er de Monaco qu’il constata avec Paul Portier que, si une première injection d’extrait de tentacules de physalie à un chien était sans conséquences, la seconde devenait létale. L’anaphylaxie est un aspect du processus immunitaire et sa découverte a ouvert le champ aux diverses hypersensibilités immunologiques dont la connaissance a renouvelé la compréhension du mécanisme de nombreuses maladies. Cette découverte lui valut l’attribution du prix Nobel de médecine en 1913.

La liste des sujets d’intérêt de Charles Richet couvre pratiquement tous les domaines de la physiologie : le système nerveux et l’excitabilité musculaire, la sécrétion gastrique, la polypnée thermique et la régulation de la température, l’excrétion rénale des électrolytes et le régime déchloruré, les anémies aiguës, le choc hypovolémique et ses traitements de substitution, l’anesthésie animale et la découverte du chloralose, l’alimentation, la nutrition et la fermentation lactique, la leucocytose, la physiologie comparée allant des bactéries aux mammifères en passant par les batraciens et les crustacés. Son œuvre médicale déborde la physiologie avec la tuberculose qu’il essaya de soigner par sérothérapie et par l’apport de viande crue appelée zomothérapie et, bien entendu, les phénomènes psychiques dont le somnambulisme et la parapsychologie. Les conclusions auxquelles il a abouti sont pour beaucoup d’entre elles toujours admises et enseignées. Citons la polypnée thermique, principal moyen de refroidissement chez le chien, l’étude de la contraction musculaire et du frisson dans la lutte contre le froid, le rôle de la pression osmotique de l’urine dans la diurèse, la découverte de l’uréogenèse à partir de l’ammoniac. On peut y ajouter le rétablissement de la volémie par la perfusion de plasma considérée comme une urgence en chirurgie de guerre.

Charles Richet fut un précurseur en matière d’expérimentation chez l’animal. Il introduisit l’anesthésie contrairement à ses prédécesseurs qui se contentaient d’immobiliser l’animal en utilisant le curare. Il fut également un précurseur en insistant sur le fait que comprendre le mécanisme des maladies reposait sur la connaissance du fonctionnement des organes et des régulations physiologiques. « Ceux qui voient quelque antagonisme entre la clinique et la physiologie n’ont jamais rien compris, ni à l’une, ni à l’autre » écrivait-il. Ce principe, évident aujourd’hui, échappait aux universitaires cliniciens de son époque dont la première préoccupation n’était pas la recherche.

Il fixa les règles de l’éthique médicale en soulignant que « C’est la curiosité qui définit l’esprit scientifique….Elle ne doit jamais compromettre la vie ou la santé du malade ». Charles Richet est le dernier des physiologistes encyclopédistes. L’étendue de ses connaissances se retrouve dans le Dictionnaire de Physiologie qu’il a rédigé en grande partie avec de nombreux élèves et collaborateurs.

De 1878 à 1902, il a également été rédacteur en chef de la Revue scientifique, dans laquelle il a publié de nombreux articles. Il a également collaboré au Journal de physiologie et de pathologie générale et publié de nombreuses communications sur la physiologie, la chimie physiologique, la pathologie expérimentale, la psychologie normale et pathologique.

Charles Richet, épreuve d’artiste, signée.

La dispersion des travaux effectués n’a nui en rien à sa créativité, c’est-à-dire à l’aspect original des découvertes présentées. Il a dépassé l’étude individuelle des phénomènes physiologiques par des réflexions générales sur la science et la médecine. On peut citer deux domaines toujours d’actualité où il a apporté sa contribution : comment constituer une bibliographie et classer la littérature médicale et comment réformer les études médicales en privilégiant la physiologie comme base indispensable à la compréhension des maladies.

En tant que romancier et poète, Charles Richet est l’auteur de plusieurs nouvelles de proto-science-fiction dans les années 1880-1890, sous le pseudonyme de Charles Épheyre dont « Le microbe du Professeur Bakermann, récit des temps futurs » en 1892 et « Le Mirausorus » en 1893.

En 1915, il reçoit le prix de poésie de l’Académie française.

Homme passionné et universel comme on pouvait l’être à son époque, il a aussi écrit, sous son nom ou celui de C. Épheyre, des fables (Pour les Grands et les Petits), des pièces de théâtre (La mort de Socrate, Circé, que jouera Sarah Bernhardt), des romans et nouvelles (La grand-mère ; À la recherche du bonheur, à la recherche de la gloire ; Une conscience d’homme ; Possession et Sœur Marthe, nouvelle puis roman puis libretto d’opéra-comique), des poèmes (Poésies, sous le pseudonyme d’Epheyre, avec Paul Fournier, 1875), ou des ouvrages de vulgarisation historique (Abrégé d’histoire générale ; Initiation à l’histoire de France ; Histoire universelle des civilisations dédiées aux jeunes gens des écoles de tous les pays).

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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