Charlemagne, roi des Francs et empereur.

A la mort du roi franc en 768, les premières difficultés apparaissent, les deux frères, Carloman et Charles ne s’entendent guère, le partage était dès lors prometteur de discorde. Selon les vœux de Pépin :

Charles obtenait l’Austrasie et le Nord de la Neustrie, il se fit sacrer roi à Noyon. Carloman obtenait le Sud de la Neustrie, la Bourgogne et la Provence, il siégeait à Soissons.

En 769, l’Aquitaine se révolte, Charles demande l’aide de son frère, qui lui refuse. Charles prend alors la poursuite du duc d’Aquitaine et parvient à rétablir l’ordre en menaçant les Gascons (Basques) qui lui livrent finalement le duc rebelle. Mais en 770, c’est la Lombardie qui apparaît plus menaçante, la veuve de Pépin, Bertrade organise un mariage entre Charles et Désirée la fille du roi des Lombards. Mais les deux frères ne s’entendent toujours pas, et c’est finalement la mort de Carloman en 771 qui va tout changer. Charles destitue l’héritage de ses neveux qui s’enfuient avec Gerberge, la femme de Carloman, vers la cour lombarde (Gerberge est la fille du roi lombard). Charles est désormais roi unique des Francs.

Charlemagne, carte maximum Belgique.

Les relations entre Didier, le roi des Lombards et le jeune roi franc se dégradèrent très vite, Charles avait répudié Désirée qui était très laide. Le pape Adrien Ier se réjouissait de cette opportunité, comme l’avait fait son prédécesseur, il demanda de l’aide auprès du roi franc. Charles avait un grand intérêt à soumettre les Lombards, menace constante, d’autant que

leur roi Didier voulait réhabiliter les fils de Carloman, réfugiés à sa cour, sur le royaume franc. Charles traversa alors les Alpes avec son armée, défit les Lombards qui se réfugièrent dans la ville de Pavie, capitale du royaume. En 774, la ville tombe et Charles prit le titre de « roi des Francs et des Lombards », il fit alors son entrée triomphale dans la capitale coiffé de la célèbre couronne de fer, dont le fermoir, selon la légende, a été forgé avec un clou de la Vraie Croix du Christ.

Tout au long de son règne, les difficultés les plus conséquentes auxquelles Charles devra faire face sont liées aux Saxons, un peuple païen aussi irréductible face à l’épée qu’à l’appel de l’Évangile, qui vivait sur les territoires devenus aujourd’hui les Flandres et la Lorraine en plus de leur terre d’origine la Saxe, l’actuelle Allemagne. Il fallut à Charlemagne (du latin Carolus Magnus, Charles le Grand) près d’un quart de siècle pour les soumettre totalement. Les Saxons, qui avaient promis des concessions, profitèrent de la campagne de Lombardie pour se révolter de nouveau. Mais les Saxons sont de nouveau battus et promettent finalement leur conversion au christianisme, Charlemagne rentre avec son lot d’otages saxons. Malgré tout, les révoltes n’en continuèrent pas moins…

Charlemagne, entier postal Tchéquie.

Ce paragraphe décrit l’histoire du poème épique rédigé àdi la fin du XIème siècle (début des Croisades) où les Basques de Roncevaux ont été remplacés par des Sarrasins. Ganelon le beau-père de Roland, désireux de se venger de celui-ci ainsi que des onze pairs qui lui vouent un véritable culte, s’entretient avec Marsile, un roi sarrasin, et lui donne toutes les informations qui permettront d’exterminer l’arrière-garde de Charlemagne. Roland est nommé à la tête de cette arrière-garde, avec ses onze pairs dont Olivier, comte de Genève et meilleur ami de Roland.

Charlemagne a dès lors un sombre pressentiment. Marsile a réuni 400 000 hommes, qui se rue sur les 20 000 Francs, enclavés dans le col de Roncevaux. Par fierté, Roland refuse alors de sonner l’olifant (cor) pour rappeler Charlemagne. La première vague de Sarrasins (100 000 hommes) est contrée et exterminée. Mais au bout du cinquième assaut, les Francs ne sont plus que 60. Roland se décide alors à sonner de l’olifant, Charlemagne l’entend mais Ganelon le dissuade d’en prendre compte. La bataille continue, Roland tranche la main de Marsile qui s’enfuit. Olivier

mortellement blessé meurt dans les bras de Roland. Roland reste seul avec son ami Turpin qui sont soudain assaillis par 400 sarrasins qui les criblent de flèches avant de s’enfuir. Mourant Roland tente en vain de briser son épée, la vaillante Durandal, qui brise un roc. Roland se couche alors le visage tourné vers l’Espagne et s’en remet à Dieu. Charlemagne très affecté condamne le traître Ganelon, symbole de la félonie. La fiancée de Roland, Aude, meurt de chagrin. Le poème fait une grande part au merveilleux chrétien et à l’amour des preux chevaliers pour la « douce France ».

Les relations entre Charlemagne et le pape Adrien Ier n’étaient pas si exemplaires, la Toscane et toute l’Italie du Sud était promise au pape, mais le souverain franc préférait imposer sa propre domination sur l’Italie. L’indépendance des États du pape était de plus en plus fictive. Malgré tout, Charles est soucieux de sa construction politique, et il sait que le facteur religieux est essentiel. Aussi, lorsque le nouveau pape Léon III est empri

d’immoralité, Charlemagne intervient et assure le retour du pape à Rome sous bonne escorte. En remerciement de service rendu, notamment contre les Lombards, Charlemagne prend le titre inédit d’« Empereur des Romains ». La cérémonie se déroule à la basilique Saint-Pierre de Rome le 25 décembre 800. Il se présente de façon symbolique en continuateur lointain de l’empire romain d’Occident. C’est ainsi qu’il arbore comme emblème l’aigle monocéphale.

Au début du IXe siècle, l’État franc représentait déjà un vaste Empire et ses frontières étaient fortement consolidées. Après le couronnement de Charlemagne, le centre de gravité de l’Empire se déplaça vers l’Est, c’est-à-dire au détriment de la France et au bénéfice de l’Allemagne. La capitale fut instaurée à Aachen, ville germanique connu sous le nom de « Aix-la-Chapelle ». Charlemagne appréciait les eaux thermales de cette ville, qui lui permettaient de soigner sa goutte et ses rhumatismes. L’annonce du couronnement ne pouvait plaire à Constantinople qui vit en Charlemagne un usurpateur. L’Empire byzantin, devant la démonstration de puissance affichée, s’orienta vers des transactions entre les deux empires, et celles-ci se mirent en place. Pendant un moment, on pensa marier l’Empereur d’Occident, à Irène, l’impératrice souveraine d’Orient, le plan ne pût aboutir. A cette époque, il y a trois empires rivaux : l’empire carolingien, l’empire byzantin et l’empire arabe. Ce nouveau monde, en raison de l’antagonisme religieux ne pouvait tirer profit des relations maritimes entre l’Orient et l’Occident, contrairement au monde romain. D’où la restructuration de l’empire franc qui s’orienta vers une activité économique située entre le Rhin et la Meuse, favorisant la future Allemagne.

Charlemange traversant Andorre, carte maximum, 22/06/1963.

Le portrait de Charlemagne nous est connu grâce à Éginhard, un historien contemporain. Grand (il mesurait 1,92 m), fort et vigoureux, Charlemagne inspirait le respect de ses ennemis qui, sur le champ de bataille, craignaient davantage sa force physique que son intelligence tactique. D’une réelle bonté, il aimait faire des aumônes aux pauvres, pouvait éclater en sanglots à l’annonce de la mort d’un ami, et vénérait sa mère Bertrade, qu’il consultait

souvent. Très attachée à sa famille, il ne se séparait jamais de ses enfants, et fût marié à quatre reprises. Charlemagne a une grande curiosité d’esprit, il s’instruit beaucoup pour pallier ses lacunes, il donne ainsi une éducation complète à ses enfants. Mais il fut d’abord et avant tout un guerrier, bien

que son but affirmé fût la paix. Profondément religieux, convaincu que Dieu avait confié au peuple franc et à son souverain la tâche de répandre et de défendre la foi chrétienne ainsi que les coutumes qu’elle apportait avec elle, il passa sa vie à combattre les Barbares, du nord au sud de l’Europe. Par le fer et le sang, il réussit à établir un empire chrétien sur la majeure partie de l’Europe occidentale, au point que les historiens lui attribuèrent par la suite le titre de Pater europae, père de l’Europe moderne.

Après la soumission des Saxons en 804, Charlemagne entreprend ses dernières campagnes militaires : contre les Arabes d’Espagne, les Avars ou les Bretons, mais aussi les Slaves, les Sarrasins, les Grecs et les Danois. En 812, l’empereur romain d’Orient Michel Ier reconnaît Charlemagne comme empereur romain d’Occident. Charles pense alors à sa succession :

  • De tous ses fils, l’un Pépin le Bossu avait tenté de le renverser, il fut enfermé dans un monastère.
  • Charles le Jeune, qui avait reçu l’onction du pape lors du sacre est destiné à la succession mais il meurt en 811.
  • Le second fils de Charlemagne, Pépin était roi d’Italie, il se distingua en capturant le trésor des Avars, « le Ring », il meurt en 810.
  • C’est alors Louis (le Pieux ou le Débonnaire) qui succédera à Charlemagne, il est sacré en 813, du vivant de son père.

Charles était fort et robuste, il ne fut malade que durant les quatre dernières années de sa vie, il se mit à boiter et à souffrir de la fièvre. En 814, il meurt de pleurésie, il est inhumé à la basilique d’Aix-la-Chapelle. L’unité de l’Empire qui était déjà difficile à maintenir à cause de l’immensité d’un territoire s’étendant de la Baltique à l’Adriatique et à cause du système des comtés et des marches, source de morcellement, put être sauvegardée aussi longtemps que Charlemagne fut en vie, mais ne devait guère survivre à la disparition du « ciment » que représentait son autorité et son prestige.

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Sources : Toute l’histoire, YouTube.

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