Cathédrale Notre-dame de Reims

La cathédrale Notre-Dame de Reims, est une cathédrale catholique romaine située à Reims, dans le département français de la Marne en région Grand Est. Elle est connue pour avoir été, à partir du XIe siècle, le lieu de la quasi-totalité des sacres des rois de France.

La construction de l’édifice actuel a commencé au début du XIIIe siècle. Elle est postérieure aux cathédrales Notre-Dame de Paris et Notre-Dame de Chartres, mais antérieure aux cathédrales Notre-Dame de Strasbourg, Notre-Dame d’Amiens et Saint-Pierre de Beauvais. Consacrée à la Vierge Marie, la cathédrale de Reims a été achevée au XIVe siècle. Elle a connu une destruction très importante à cause d’un incendie ravageur pendant la Première Guerre mondiale provoqué par un bombardement allemand.

Il s’agit de l’une des réalisations majeures de l’art gothique en France, tant pour son architecture que pour sa statuaire qui compte 2 303 statues. Elle est inscrite, à ce titre, au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1991. Haut lieu du tourisme champenois, elle a accueilli 1 500 000 visiteurs en 2007.

Elle est le siège de l’archidiocèse de Reims et donc la cathédrale métropolitaine de la province ecclésiastique de Reims.

Les Annales de saint Nicaise rapportent qu’en 1210 « l’église de Reims a brûlé en la fête Saint-Jean-devant-la-Porte-latine », le 6 mai, le même jour qu’une éclipse de lune. Cependant, l’unique

éclipse visible à Reims en ce début de XIIIe siècle est datée par Anne Prache du 28 février 1207. On sait toutefois que l’archevêque Albéric de Humbert pose la première pierre d’une nouvelle cathédrale le 6 mai 1211, l’incendie ayant détruit l’édifice précédent. Quatre architectes se succèdent sur le chantier d’après les inscriptions du labyrinthe qui a disparu en 1778 et connu par des relevés faits au XVIIe siècle : Jean d’Orbais, Jean-le-Loup, Gaucher de Reims et Bernard de Soissons. L’ordre de discussion de ces architectes a été discuté. D’après R. Branner, le triforium du chœur a été commencé en 1221, est bâti jusqu’au tas de charge des voûtes en 1233. Des émeutes vont alors provoquer l’arrêt du chantier jusqu’en 1236. Les voûtes et les arcs-boutants sont montés entre 1236 et 1241. Le sanctuaire est livré au chapitre en 1241. L’archevêque Henri de Braine est inhumé le 6 juillet 1640 devant le maître-autel. Le 7 septembre 1241 le chapitre est entré dans son nouveau chœur.

Couverture du carnet “Ange au sourire” émis en 1930

Le transept devait être aussi avancé que le chœur en 1233 sans pouvoir affirmer qu’il était voûté en 1241. Pour Francis Salet, cela doit être le cas pour le bras sud du transept. Pour R. Branner et F. Salet, la nef carolingienne a été réparée après l’incendie et conservée jusqu’en 1230 avec un mur la séparant de la croisée, et continué à servir pour les offices en permettant d’y célébrer les couronnements de Louis VIII, en 1223, et Louis IX, en 1226. Les travées 10 à 5 de la nef ont dû être montées entre 1241 et 1250-1255. Bernard de Soissons a élevé les quatre travées occidentales et la façade.

La date du début de construction de la façade occidentale a été précisée par Jean-Pierre Ravaux à partir de deux chartes. Le première, de 1230, concerne des maisons situées près de la façade de la cathédrale romane que l’Hôtel-Dieu donne à bail en précisant que s’il est nécessaire de les détruire pour construire la nouvelle façade, les occupants doivent être dédommagés. Le 8 avril 1252, les maîtres de l’Hôtel-Dieu font vidimer les baux de 1230. Les maisons sont encore debout et on envisage de les démolir. Les fouilles entreprises par Henri Deneux ont trouvé les fondations de la façade romane au milieu de la seconde travée. Les travaux de la façade occidentale ont commencé après la démolition des maisons, c’est-à-dire après le 8 avril 1252.

Pour Jean-Pierre Ravaux, les travaux de gros œuvre ne sont pas terminés en 1274, au moment de la procession des Rameaux. Il propose de les fixer la fin des travaux de gros œuvre vers 1275. Il fait remarquer que le 25 septembre 1299, le chapitre obtient de l’archevêque le prêt d’un terrain entre le coin du pilier de la façade et le contrefort qui regarde la rouelle de Saint-Nicaise (6e travée de la nef), au sud. La même année, le roi Philippe le Bel a exempté de péage le plomb destiné à la couverture de la cathédrale. C’est donc cette année-là que la couverture définitive de la cathédrale a été posée en remplacement d’une toiture provisoire.

Le 24 juillet 1481, un nouvel incendie, né de la négligence d’ouvriers travaillant à la toiture de l’édifice, prend dans les combles de la cathédrale. Il détruit la charpente, puis le grand clocher central ainsi que les galeries à la base du toit. Le plomb coulant de la toiture achève de détériorer le monument. Le chantier reprend néanmoins rapidement. Les rois Charles VIII puis Louis XII, sacrés dans la cathédrale, apportent un soutien financier à la reconstruction, à la différence de leur prédécesseur Louis XI. Ils accordent en particulier un octroi royal, correspondant à une partie de la gabelle. En remerciement, le nouveau toit est surmonté de fleurs de lys et les armoiries royales sont « apposées en haut du chevet ». Ce bénéfice est néanmoins suspendu en 1516, les travaux sont arrêtés avant l’achèvement des flèches.

Liste chronologique des rois de France sacrés à la cathédrale

  • 1027 : Henri Ier par Ebles Ier de Roucy.
  • 1059 : Philippe Ier par Gervais de Belleme.
  • 1129 : Philippe de France par Renaud II.
  • 1131 : Louis VII par Innocent II.
  • 1179 : Philippe II par Guillaume aux blanches mains.
  • 1223 : Louis VIII par Guillaume de Joinville.
  • 1226 : Louis IX par Jacques de Bazoches.
  • 1271 : Philippe III par Milon de Bazoches.
  • 1286 : Philippe IV par Pierre Barbet.
  • 1315 : Louis X par Robert de Courtenay-Champignelles.
  • 1317 : Philippe V par Robert de Courtenay-Champignelles.
  • 1322 : Charles IV par Robert de Courtenay-Champignelles.
  • 1328 : Philippe VI par Guillaume de Trie.
  • 1350 : Jean II par Jean II de Vienne.
  • 1364 : Charles V par Jean III de Craon.
  • 1380 : Charles VI par Richard Picque.
  • 1429 : Charles VII par Regnault de Chartres.
  • 1461 : Louis XI par Jean II Jouvenel des Ursins.
  • 1484 : Charles VIII par Pierre de Laval.
  • 1498 : Louis XII par Guillaume Briçonnet.
  • 1515 : François Ier par Robert de Lenoncourt.
  • 1547 : Henri II par Charles de Lorraine.
  • 1559 : François II par Charles de Lorraine.
  • 1561 : Charles IX par Charles de Lorraine.
  • 1575 : Henri III par Louis I de Guise.
  • 1610 : Louis XIII par François de Joyeuse.
  • 1654 : Louis XIV par Simon Legras.
  • 1722 : Louis XV par Armand Jules de Rohan-Guémené.
  • 1775 : Louis XVI par Charles Antoine de La Roche-Aymon.
  • 1825 : Charles X par Jean-Baptiste de Latil.

Le , une plaque avec les noms des trente-et-un rois sacrés à Reims est mise en place dans la cathédrale en présence de Mgr Thierry Jordan, archevêque de Reims, et du prince Louis de Bourbon, l’un des actuels prétendants au trône de France.

Bien que Reims soit le symbole du pouvoir royal puisque les rois s’y font sacrer, les troubles de la Révolution française n’ont pas atteint l’ampleur que l’on a pu constater ailleurs comme à Chartres où la structure-même de la cathédrale s’est trouvée menacée. Certaines statues sont cassées, des portails arrachés, le sceptre et la main de justice brûlés. La cathédrale est transformée en magasin à fourrage et le projet de la raser est rapidement abandonné.

En 1860, Eugène Viollet-le-Duc dirige les travaux de restauration de la cathédrale de Reims.

La réconciliation franco-allemande est symboliquement officialisée en juillet 1962 par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer sous les voûtes de la cathédrale de Reims qui fut bombardée intentionnellement en 1914 par l’armée allemande dans le but de briser le moral français.

Le pape Jean-Paul II, lors de sa visite pastorale en France, vient à la cathédrale de Reims le 22 septembre 1996 pour célébrer le 1 500e anniversaire du baptême de Clovis.

Bombardement de la cathédrale en 1914.

La cathédrale de Reims a été qualifiée de « cathédrale martyre » car, en 1914, peu après le début des hostilités, elle commence à être bombardée par les Allemands. Les premiers obus tombent sur la ville de Reims et sur la cathédrale le 4 septembre 1914, juste avant l’entrée dans la ville des troupes allemandes. En urgence, les abbés Jules Thinot et Maurice Landrieux installent un drapeau blanc pour faire cesser les bombardements.

Le 13 septembre, l’armée française reprend la ville, mais les Allemands se sont solidement retranchés aux environs immédiats de Reims et les bombardements reprennent le 14.

Le 19 septembre 1914, vingt-cinq obus touchent la cathédrale. Un échafaudage resté en place sur la tour nord prend feu vers 15 h. Parti des échafaudages en bois posés sur la tour nord, l’incendie est relayé par les bottes de paille entreposées dans la nef alors transformée en hôpital, faisant éclater pierres et statues, exploser les vitraux de la grande rose centrale et effondrer la charpente de bois. Le plomb de la toiture fond et se déverse par les gargouilles, détruisant la résidence des archevêques : le palais du Tau. Par la suite, les riverains le ramassèrent et le restituèrent à l’issue du conflit. La destruction du monument entraîne une forte vague d’émotion à travers le pays. Plusieurs prisonniers blessés allemands réfugiés dans la cathédrale sont tués. La cathédrale a reçu 288 obus pendant la guerre dans une ville détruite à 85 %.

La cathédrale est restaurée sous la direction d’Henri Deneux, natif de Reims et architecte en chef des monuments historiques, avec l’aide précieuse de mécènes américains (notamment la famille Rockefeller) et de la société des « Amis de la cathédrale », grâce aux nombreuses photographies de l’édifice prises dans les années 1880, aux débuts de la photographie. Le chantier débute en 1919, Deneux s’inspirant d’un ingénieux système inventé par l’architecte Philibert Delorme au XVIe siècle : la charpente de chêne, détruite, est remplacée par une structure moderne, plus légère et ininflammable, constituée de petits éléments préfabriqués en béton armé, reliés par des clavettes en chêne pour garantir la souplesse de l’ensemble. Son faible encombrement a permis le dégagement d’un vaste espace, formant une véritable nef, au-dessus du voûtement. Le chantier dure encore de nos jours.

800ème anniversaire de la Cathédrale de Reims

La restauration complète et pérenne de la façade occidentale et de ses sculptures est réalisée par tranches de travaux successives : galerie des rois, portail central (1989 – 1994 et 1996 – 1998), portail sud (2001 – 2005), portail nord (2007 – 2011), étage de la rose avec sa statuaire (2013 – 2016, pour un budget de 3,3 millions d’euros). Elle se terminera par le nettoyage des sculptures du portail central, un échafaudage y sera installé de fin février 2017 à 2019. Cette restauration se divise en deux phases : de mars à juin 2017 seront dépoussiérées les 81 statues des voussures. Puis la seconde phase se focalisera sur les statues des ébrasements (en bas), érodées et qui nécessitent une attention toute particulière. En effet, en raison de l’existence d’anciennes polychromies visibles sur la pierre à cet endroit, un chantier école sera mené en collaboration avec l’INP. Une stratigraphie permettra de déceler combien de couches de badigeon sont présentes et de les dater, puis une fois la cartographie des peintures réalisée, une décision sera prise quant à l’orientation du chantier : quelles traces de polychromie conserver et comment. Cette étude préliminaire aura lieu fin juin 2017 pendant une dizaine de jours et sera visible du public, en direct sur site. Le budget de ce chantier s’élève à 800 000 €.

De nos jours, les clochers ne possèdent plus que deux cloches : Marie (7,5 tonnes) et Charlotte (11 tonnes). Ces deux bourdons ne sont aujourd’hui que très rarement utilisés, de sorte à pouvoir préserver l’état fragile auquel est encore soumis la structure que les vibrations engendrées par le son des cloches pourrait aggraver. Cela dit, on a pu les entendre dernièrement lors des célébrations des 800 ans de la cathédrale, mais aussi lors de la messe d’installation de l’actuel archevêque de Reims, ainsi qu’au moment des vérifications faites sur les mécanismes électriques les actionnant. La tour nord est aujourd’hui dépourvue de cloches et de beffroi, n’abritant plus que quelques vieilles copies de statues et les vestiges des anciennes cloches fondues dans l’incendie de 1914. Notons enfin que l’ensemble campanaire de l’édifice est complété aujourd’hui par la présence, dans la partie haute du transept nord, de trois cloches de volée (dont deux qui ont survécu à l’incendie de 1914), installées ici pendant les restaurations postérieures à la Grande Guerre.

Le bombardement de la cathédrale de Reims en 1914 est à l’origine du premier reportage signé par le journaliste Albert Londres, qui en dit à l’époque : « Elle n’est plus qu’une plaie maintenant, la toiture est détruite, par la bouche des gargouilles, coule du plomb fondu ».

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