Blanche-neige, le conte.

Blanche-Neige (nommée Schneewittchen en allemand actuel ; originellement Sneewittchen en bas allemand, équivalent à Schneeweißchen en allemand moderne, de Snee, la neige (Schnee en allemand actuel), et witt, blanc (weiß)) est un conte, et le nom du personnage principal de ce conte, dont la version la plus connue est celle recueillie et mise en forme par Jacob et Wilhelm Grimm parue en 1812 (conte-type 709 dans la classification Aarne-Thompson). Le conte collecté par les frères Jacob et Wilhelm Grimm aurait été inspiré par un mythe germanique. Plusieurs mythes européens peuvent correspondre à ce personnage.


Les frères Grimm ont rassemblé plusieurs versions du conte, collé les textes ensemble et parfois écourté. Dans la première version de 1812, la reine est la mère naturelle. Blanche-Neige se réveille lorsqu’un valet du prince lui donne un coup dans le dos car il était énervé d’avoir eu à la porter toute la journée. D’autres petites différences sont à trouver comme le repas avec le prince.

Dans deux versions non éditées, la reine fait faire un tour en carrosse dans la forêt et demande à Blanche-Neige de descendre afin de cueillir des roses ou de ramasser son gant et s’enfuit (comme dans Hansel et Gretel). Dans une autre version, c’est le père qui souhaite avoir une fille.

Comme origine du conte, on suppose Marie Hassenpflug, quelques inspirations de Ferdinand Siebert et Albert Ludewig Grimm (Des Knaben Wunderhorn, 1809). L’idée des gouttes de sang de la mère naturelle cadre avec le conte nord-allemand « Vom Machandelbaum » du peintre Philipp Otto Runge.

Une bonne reine se désole de ne pas avoir d’enfant. Un jour d’hiver, alors qu’elle est assise près d’une fenêtre au cadre d’ébène, elle se pique le doigt en cousant. Quelques gouttes de sang tombent sur la neige. « Ah ! » se dit la reine, « si j’avais une petite fille, à la peau blanche comme la neige, aux lèvres rouges comme le sang et aux cheveux noirs comme le bois d’ébène ! ».

Peu de temps après, elle meurt en accouchant d’une petite fille nommée Blanche-Neige. Le roi se remarie alors avec une femme très belle mais méchante, orgueilleuse et jalouse de Blanche-Neige. Chaque jour la reine demande à son miroir magique qui est la plus belle du royaume, et chaque jour le miroir, qui ne ment jamais, lui répète qu’elle est la plus belle femme du royaume. Jusqu’au jour où il doit reconnaître que Blanche-Neige, bien qu’encore enfant, est devenue plus belle que sa marâtre. Cette dernière demande alors à un chasseur d’aller tuer la princesse Blanche-Neige et de lui rapporter comme preuve son foie et ses poumons. Mais l’homme ne peut s’y résoudre et abandonne Blanche-Neige dans les bois, songeant qu’elle sera bientôt dévorée par les bêtes sauvages. Le chasseur tue alors un marcassin qui passait par là et rapporte son foie et ses poumons à la méchante reine. Celle-ci, croyant qu’il s’agit des organes de Blanche-Neige, les fait cuire et les dévore.

Blanche-neige, dusostamps, Belgique.

Errant dans la forêt, la princesse Blanche-Neige découvre une petite maison où elle entre se reposer et se restaurer. C’est la demeure des sept nains qui, apitoyés par son histoire, acceptent de la cacher et de la loger en échange de tâches ménagères. Chaque jour avant d’aller à la mine, les nains la mettent en garde et lui recommandent de n’ouvrir à personne, sachant bien que tôt ou tard la reine saura que sa rivale est toujours en vie.

Effectivement, la méchante reine finit par apprendre, grâce au miroir magique, que Blanche-Neige est toujours vivante. Elle tente alors par trois fois de faire mourir la princesse. D’abord elle se grime en vieille marchande et s’en va proposer des lacets de couleur à Blanche Neige. Celle-ci se laisse tenter et la vieille serre le lacet de son corset si fort que Blanche-Neige en perd la respiration et tombe comme morte. Heureusement, les sept nains à leur retour comprennent ce qui s’est passé et coupent le lacet, permettant à Blanche-Neige de respirer à nouveau.

Furieuse d’apprendre grâce au miroir magique que la princesse Blanche Neige est toujours vivante, la méchante reine se déguise à nouveau en marchande pour vendre un beau peigne à la princesse Blanche-Neige. Bien que sur la défensive, Blanche-Neige est tentée à nouveau, et laisse la vieille peigner ses cheveux : le peigne empoisonné lui fait aussitôt perdre connaissance. Les sept nains découvrent le peigne à leur retour et le retirent de la chevelure de Blanche-Neige, qui revient immédiatement à la vie.

Folle de rage, jurant d’y laisser la vie s’il le faut, la méchante reine se déguise une troisième fois en paysanne. Grâce à un habile stratagème elle trompe la vigilance de la princesse Blanche-Neige : elle a empoisonné la moitié rouge – la plus tentante – d’une pomme, laissant la partie blanche intacte. Coupant la pomme en deux, elle en croque la partie blanche inoffensive et offre la partie empoisonnée à Blanche-Neige. Celle-ci croque à son tour dans la pomme et tombe inanimée. Les nains ne parviennent pas à la ramener à la vie, et le miroir magique déclare enfin à la reine qu’elle est la plus belle du royaume.

Affligés, les sept nains préparent un cercueil de verre pour la princesse Blanche-Neige, qui semble simplement endormie. Ils le déposent sur une colline afin que toutes les créatures puissent venir l’admirer. Chaque jour, ils surveillent le cercueil jusqu’à ce qu’un prince qui chevauche par là tombe amoureux de la belle endormie. Après mainte supplication, il obtient des sept nains la permission d’emporter le cercueil. Mais en route un porteur trébuche sur une grosse racine, délogeant le morceau de pomme coincé dans la gorge de Blanche-Neige, qui se réveille. Le prince lui demande sa main, et Blanche-Neige accepte.

Invitée au mariage, la méchante reine découvre que la nouvelle reine est la plus belle, et reconnaît avec terreur Blanche-Neige. Elle est alors condamnée à danser avec des souliers de fer chauffés au rouge, jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Erik Pigani, un psychothérapeute, explique que le conte décrit les étapes de la puberté chez la jeune fille. La première reine, mère de Blanche-Neige, se pique le doigt et fait tomber trois gouttes de sang sur la neige blanche avant de mourir quelque temps plus tard en couche. C’est une scène au tout début de l’histoire, préparant la jeune fille à son avenir, qui fait écho à l’innocence de l’enfance qui se perd avec la couleur rouge des menstruations, et le début de la sexualité mais aussi de la possibilité d’une conception. Le symbolisme de la pomme renvoie au fruit défendu de la Genèse. Le fait de croquer la pomme marque le passage entre la vie insouciante de l’enfance et celle d’adulte.

Selon Pigani, une notion morale s’ajoute avec le fait que la mère, même si elle souhaite garder sa beauté et sa jeunesse, doit laisser la place à sa fille.

Le conte a été étudié par plusieurs psychanalystes, notamment Bruno Bettelheim et Marie-Louise von Franz.

Pour Bruno Bettelheim, le conte commence par une situation œdipienne mettant en conflit la mère et la fille. La marâtre est restée à un stade narcissique qui la rend vulnérable et que le conte invite à dépasser4. La jalousie de la belle-mère est à la fois la peinture du comportement de certains parents qui se sentent menacés au moment de l’adolescence de leurs enfants, mais également une projection sur une figure haïe des propres sentiments de jalousie de l’enfant. Blanche-Neige se retrouve chassée du château, errant dans la forêt, lieu de terreur et de confusion comme le début de la puberté. Recueillie par les sept nains, personnages à la fois masculins mais peu menaçants sexuellement, elle peut se développer dans un milieu sûr, mais non sans être exposée à la tentation narcissique (les colifichets offerts par la méchante reine). Cette période peut être vue comme un moment d’initiation, où l’adolescent doit se mesurer aux dangers de l’existence. La dernière tentation, celle de la pomme, représente pour Bruno Bettelheim le moment où l’adolescent accepte d’entrer dans une sexualité adulte, c’est-à-dire le moment où il devient pubère. Suit une période de latence (le coma) qui lui permet d’attendre en toute sécurité que sa maturité psychique jointe à sa nouvelle maturité physique lui donnent enfin accès à une sexualité adulte.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

 

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