Blake et Mortimer.

Blake et Mortimer est une série de bande dessinée créée par le dessinateur belge Edgar P. Jacobs en 1946, reprise après sa mort en 1987 d’abord par Bob de Moor, puis Jean Van Hamme, Ted Benoit, Yves Sente, André Juillard, René Sterne, Chantal De Spiegeleer, Jean Dufaux, Antoine Aubin, Étienne

Schréder, José-Louis Bocquet et Jean-Luc Fromental. Publiée initialement par les Éditions du Lombard, elle l’est désormais par les Éditions Blake et Mortimer, une filiale du groupe Média participations. Elle fut pré-publiée pendant de nombreuses années dans Le Journal de Tintin dont elle était, avec d’autres séries comme Les Aventures de Tintin, Ric Hochet, Michel Vaillant ou les œuvres de Jacques Martin, l’une des séries les plus populaires.


La série raconte les aventures du capitaine Francis Blake, un ancien pilote de la Royal Air Force devenu directeur du MI5, le service britannique de contre-espionnage, et de son ami le professeur Philip Mortimer, un spécialiste en physique nucléaire et l’un des plus éminents scientifiques du Royaume-Uni. Les deux héros se retrouvent souvent confrontés à leur ennemi juré, le colonel Olrik, un criminel de classe internationale ne considérant que son intérêt personnel.

Blaket et Mortimer, carte maximum, Liège, 15/05/2004.

Les prémices de la saga Blake et Mortimer peuvent être trouvées dans les personnages de l’histoire Le Rayon U, bande dessinée antérieure publiée par Edgar P. Jacobs dans le magazine Bravo en 1943, une série elle-même inspirée du Flash Gordon d’Alex Raymond. Mais la présence et les rôles qui y sont donnés à de jeunes femmes ne sont pas repris dans le monde du Journal de Tintin, qui s’adresse à un jeune lectorat masculin à une époque qui ne connaissait pas encore la mixité scolaire.

La série est pré-publiée pendant de nombreuses années dans Le Journal de Tintin dont elle devient l’une des séries les plus populaires. Les albums paraissent aux Éditions du Lombard.

En 1977, Jacobs publie la première partie de l’histoire Les Trois Formules du Professeur Sato qui sera son dernier album du vivant. Il meurt des années plus tard sans avoir la possibilité de finir le dessin de la seconde partie, qui sera achevée après sa mort par son collègue Bob de Moor. Ce dernier album parait en 1990.

La série s’arrête d’abord à la mort de son créateur E.P. Jacobs (lequel ne réussit pas à terminer son diptyque Les Trois Formules du professeur Satō, au début des années 1970, qui sera achevé par Bob de Moor en 1990).

Mais en 1996, la série est relancée par l’éditeur, avec un premier album scénarisé par Jean Van Hamme et dessiné par Ted Benoit. Ensemble, ils réalisent l’album L’Affaire Francis Blake. Par la suite, le duo récidive et publie cinq ans plus tard L’Étrange Rendez-vous. Mais Ted Benoit décide d’arrêter le dessin de la série, car cela lui prend trop de temps (en témoigne les cinq ans séparant les deux albums), et l’éditeur va le remplacer par René Sterne pour travailler avec Van Hamme sur le diptyque La Malédiction des Trente Deniers. Mais en 2006, le dessinateur meurt d’une crise cardiaque sans avoir eu le temps d’achever le premier des deux tomes. Sa compagne Chantal De Spiegeleer terminera l’album, mais ne fera pas la suite. Pour le second tome, l’éditeur la remplace donc par Antoine Aubin au dessin. Ce diptyque sort enfin en 2009 et 2010.

Les ayants-droit décident par la suite de nommer une seconde équipe en 1998, constituée d’Yves Sente et d’André Juillard, qui travaille en parallèle de l’autre duo afin de maintenir un rythme de parution soutenu en attendant la fin de réalisation de L’étrange Rendez-vous. Le duo va réaliser l’histoire La Machination Voronov en 2000, puis continue avec le diptyque Les Sarcophages du 6e Continent en 2003 et 2004. En raison du décès de René Sterne dans l’autre équipe retardant leur projet en 2006, l’éditeur presse donc le duo à réaliser un nouvel album, Le sanctuaire de Gondwana, en 2008 qui suit le diptyque précédent et est la plus courte aventure de la série (56 pages au lieu de 64 en général). Par la suite, le duo réalisera trois autres albums entre 2012 et 2016 avec des sorties régulières (entre deux ans à chaque fois). En 2016, Juillard est remplacé par Peter van Dongen et Teun Berserik au dessin pour le nouveau diptyque La Vallée des Immortels qui parait en 2018 et 2019.

Blake et Mortimer, carte maximum, Paris, 2004.

En 2010, Van Hamme déclare arrêter d’écrire pour la série. Il est remplacé par Jean Dufaux. Mais ce dernier ne scénarise qu’un seul album, L’Onde Septimus (dessiné par Aubin) qui rencontre un échec critique à sa sortie.

D’autres auteurs travaillent depuis sur de futures aventures de Blake et Mortimer.

Le charme de la série tient, entre autres, au savant mélange de réalisme et de science-fiction. Si dans Le Secret de l’Espadon l’aventure est surtout d’ordre militaire et technologique et dans Le Mystère de la Grande Pyramide plutôt historique et ésotérique, des albums comme La Marque jaune, L’Énigme de l’Atlantide ou Le Piège diabolique mêlent l’action guerrière ou policière à l’utilisation des découvertes scientifiques. Edgar P. Jacobs se distingue notamment par sa volonté de réalisme et d’exactitude dans le détail. Travaillant souvent d’après photographies ou croquis de repérages, il a créé un monde dans lequel la fiction devient ainsi complètement plausible. La précision se retrouve dans la reconstitution des parcours tant sur les délais que sur la représentation des lieux traversés, S.O.S. Météores — qui se déroule entre Paris et la région de Versailles — étant exemplaire à ce sujet[réf. souhaitée]. On retrouve également des intrigues policières comme dans La Machination Voronov ou L’Affaire Francis Blake.

Blake et Mortimer, entier postal, Belgique.

En outre, par respect du lecteur, il s’imposait de le placer dans un environnement qui puisse lui permettre d’apprendre tout en se distrayant. À cet égard, on peut citer la visite guidée du musée égyptien du Caire (dans Le Mystère de la Grande Pyramide), celle de la Tour de Londres (dans La Marque jaune) ou celle du sous-sol parisien (dans L’Affaire du collier).

L’auteur ayant imaginé postérieurement une biographie à ses héros, les continuateurs de la série ont pu s’en inspirer pour présenter des moments antérieurs aux premiers albums, notamment des épisodes de l’adolescence de Francis Blake et Philip Mortimer. On apprend ainsi que Mortimer – épisodes relatés dans Les Sarcophages du 6e continent – eut des sentiments pour une jeune princesse indienne, Gita, puis entretint une relation avec

une écrivaine anglaise. Les nouveaux auteurs de la série ont ainsi coupé court aux rumeurs de relation homosexuelle entre les deux héros, en raison de leur fort lien d’amitié, de leur domicile commun et de l’absence de femmes, laquelle ne trouve sa cause que dans la censure draconienne qui régnait alors sur « les éditions pour la jeunesse ». On découvre plus en détail la vie estudiantine de Francis Blake et comment il s’est trouvé mêlé à un épisode fort trouble des services secrets britanniques (voir Le Serment des cinq Lords).

Les auteurs ayant repris la série se sont efforcés de reproduire le style de Jacobs, tant d’un point de vue graphique que scénaristique.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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