Bibracte, cité antique.

Bibracte était la capitale du peuple celte des Éduens, développée surtout au Ier siècle av. J.-C. Centre névralgique du pouvoir de l’aristocratie éduenne, c’était aussi un important lieu d’artisanat et de commerces où se côtoyaient mineurs, forgerons et frappeurs de monnaies, sur une superficie de près de 135 hectares.

Ce site remarquable est situé sur les communes de Saint-Léger-sous-Beuvray (Saône-et-Loire), de Glux-en-Glenne et  de Larochemillay (Nièvre), et dans le Morvan au sommet du mont Beuvray (communément appelé le Beuvray dans la région). Il est au confluent des bassins de l’Yonne, de la Seine et de la Loire. Le Beuvray est constitué de trois sommets : le Theurot de la Wivre avec sa pierre, le Theurot de la Roche et le Porrey qui en est le point culminant. Le site héberge le musée de la civilisation celtique, qui retrace la vie de cette cité de quelque 5 à 10 milliers d’âmes au sein d’un oppidum fortifié, que les fouilles archéologiques du mont Beuvray révèlent peu à peu. La conservation et la gestion du site sont assurées depuis 2007 par l’établissement public de coopération culturelle (EPCC) de Bibracte.

Dès les premières fouilles archéologiques, Bibracte a été considérée comme un modèle de la civilisation des oppida et de l’agglomération gauloise. La comparaison avec Augustodunum (cité antique d’Autun, où la capitale du peuple éduen fut transférée) a longtemps été perçue comme manifestant la concurrence entre le modèle urbain indigène et le modèle urbain romain, alors que sur un niveau d’occupation indigène, Bibracte a bénéficié d’une parure architecturale adaptée aux conditions locales, mais de facture typiquement romaine. Bibracte fait plutôt figure d’exception du fait de sa fondation tardive, de sa situation de ville fortifiée de hauteur (alors que les agglomérations gauloises sont avant tout en plaine et non fortifiées) et de son abandon, quand la plupart des villes gauloises ont évolué en villes d’époque romaine.

Ce site fait l’objet d’un classement au titre des monuments  historiques depuis le 25 septembre 19844. Le 12 décembre 2007, le site de Bibracte reçoit le label « Grand site de France ».


La première mention de Bibracte dans l’histoire a été faite par César dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules concernant l’année 58 et la bataille de Bibracte. Celle-ci est à nouveau mentionnée en 52 lorsque César s’interroge sur les intentions de ses alliés Éduens qui ont rejoint la révolte et couronnent Vercingétorix roi des Gaules à Bibracte, il dit de Bibracte qu’elle est « de beaucoup la plus grande et la plus riche ville des Éduens ». Celle-ci n’est plus mentionnée après. Des inscriptions d’époque annoncent que la capitale éduenne a reçu le nom d’Augustodunum (’’la citadelle d’Auguste’’), sous le règne de celui-ci ; ce nom donne ensuite naissance à l’actuelle Autun.

Bibracte, carte maximum, France.

À partir du XVIe siècle naît un engouement chez les savants, les aristocrates et les hommes d’Église pour leur passé local, qui conduit à poser la question de l’emplacement de Bibracte. Plusieurs thèses s’affrontent. L’une veut situer Bibracte à Autun : la ville gauloise à l’emplacement de la ville gallo-romaine. Une autre à Beaune est défendue par l’érudit Hugues de Salins, une troisième thèse veut que la cité soit sur les pentes du Beuvrect ou Bevrect, aujourd’hui mont Beuvray. Cette dernière thèse s’appuie sur trois  arguments majeurs. Tout d’abord, il y a une parenté entre les termes Bibracte et Beuvrect. Ensuite, cette hypothèse invoque une tradition transmise par des chroniques médiévales qui situaient la ville au Beuvrect. Ceci est conforté par l’existence d’une foire annuelle les premiers mercredi, jeudi et vendredi de mai et dont l’ancienneté est déjà relatée dans des textes du XIIIe siècle. Enfin, les découvertes de poterie, de monnaies et les observations du curé de Saint-Léger-sous-Beuvray en 1725 vont dans ce sens.

D’une manière générale, c’est l’hypothèse d’Autun qui reçoit la plus grande approbation au début. D’ailleurs, Autun sera rebaptisée Bibracte après la Révolution et cela pendant quelque temps. Il faudra attendre le XIXe siècle et les recherches de Jacques Gabriel Bulliot pour que la situation s’inverse en faveur du Mont Beuvray. En 1851, Bulliot décide de faire une  communication au Congrès de la société française d’archéologie sur une antique chapelle (La chapelle Saint-Martin au Mont Beuvray) au sujet de la christianisation du pays éduen. Il retourne alors au Beuvray pour prendre d’autres notes. Il découvre ce qu’il pense être alors le talus d’un camp romain (en réalité un nemeton ou sanctuaire) au sommet du Beuvray près de la chapelle). Il se documente et envisage, contre l’opinion unanime de la Société éduenne, de situer Bibracte au Beuvray et non à Autun. La  publication de son Essai sur le système défensif des Romains dans le pays éduen entre la Saône et la Loire dans lequel il expose ses convictions ne lui vaut que les sourires des membres de la société d’archéologie. C’est l’intérêt de l’empereur Napoléon III pour les batailles de la Guerre des Gaules qui accélère les choses. En effet, Bulliot reçoit la visite d’un officier, nommé Stoffel, chargé par l’empereur d’effectuer des fouilles sur la victoire romaine contre les Helvètes. Bulliot lui fait alors part de ses convictions quant à la situation de Bibracte. L’officier lui porte peu d’intérêt, mais il confie à un autre membre de la Société éduenne, Xavier Garenne, la mission d’effectuer des sondages au Beuvray. Parallèlement, le propriétaire des terres, le vicomte d’Aboville effectue aussi ses propres recherches qu’il montre à l’archevêque de Reims, lui aussi membre de la Société éduenne, et ami de Bulliot (malgré leurs divergences sur la question de Bibracte). Intéressé par ces fouilles, ce dernier en fait part à l’empereur. C’est ainsi qu’en 1867, Napoléon III missionne Bulliot pour des recherches au Beuvray en lui allouant des fonds.

Bibracte, carte maximum, France.

Bulliot fouille le site de 1867 à 1895, levant tous les doutes quant à la situation de Bibracte. Son neveu Joseph Déchelette, qu’il initie aux fouilles, continue les travaux jusqu’en 1907 comparant Bibracte à d’autres sites d’Europe tels que Stradonice en Bohême, Manching en Allemagne et Szent Vid en Hongrie, ce qui fait de lui l’un des précurseurs dans l’unification culturelle du monde celte et de la civilisation des oppida.

Source : Wikipédia.

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