Benjamin Delessert, fondateur des caisses d’épargne

Sa famille, protestante, est originaire du canton de Vaud en Suisse (on a longtemps cru qu’elle s’était exilée de France après la révocation de l’édit de Nantes vers 1685). Des membres de sa famille sont venus en France en 1735. Son père est Étienne Delessert, un homme d’affaires ayant créé des sociétés d’assurance et une caisse d’escompte.

Son cousin, Armand Delessert, possédait une raffinerie de sucre de canne à Nantes qui, avec l’aide de Louis Say, devint plus tard Beghin-Say.

Sa mère, née Boy de La Tour, entretenait des relations d’amitié avec l’écrivain pour la jeunesse Arnaud Berquin, le savant Benjamin Franklin, le géologue Jean André Deluc et Jean-Jacques Rousseau qui lui dédia ses Lettres sur la botanique, ainsi qu’à sa fille, Madeleine Delessert, sans oublier sa petite-fille Madelon pour qui le philosophe réalisa l’« herbier Delessert ».

il est rappelé en 1795 par son père qui lui confie ses biens et la direction de la maison de banque. En 1800, il essaie d’introduire l’usage de la vapeur dans les machineries en se basant sur les découvertes de James Watt. Il fonde à Passy, en 1801 une filature de coton qu’il transforme rapidement en raffinerie dédiée au sucre de canne importé d’Outre-mer, et en 1812 (au 14 quai de Passy) une fabrique de sucre de betterave où il introduit des procédés nouveaux, puis bientôt une vingtaine d’autres établissements du même genre dans différentes régions françaises. Lors du blocus de la France, c’est Delessert qui, en se basant sur les recherches du chimiste allemand Franz Karl Achard, met au point avec son ingénieux chef de fabrication, le chimiste Jean-Baptiste Quéruel la méthode d’extraction du sucre à partir de la betterave, méthode qu’il nomme Bonmatin. En récompense des services rendus, Napoléon le fait chevalier de la Légion d’honneur. En 1812, il accède au titre de baron de l’Empire. Il est également nommé régent de la Banque de France.

Il importe d’Angleterre l’institution de la caisse d’épargne en 1818. Il siège pendant 25 ans à la Chambre des députés, dont il est deux fois élu vice-président. Il propose de décerner une récompense nationale au duc de Richelieu après la libération du territoire français, et il fait abolir la loterie ainsi que les maisons de jeu.

Vers 1800, il fonde des soupes populaires qui distribuent, durant certains hivers, jusqu’à quatre millions de repas. À partir de 1815, il s’implique dans la vie politique française, date à laquelle il est élu député de Paris, puis de 1817 à 1824, avant d’être député de Saumur de 1827 à 1842. Il est battu à l’élection du 9 juillet 1842. Durant ses quarante-trois ans de mandats, il siège au centre-gauche. Il se bat pour améliorer les conditions des malades dans les hôpitaux et pour l’abrogation de la peine de mort.

Il participe en 1818 à la création des Caisses d’épargne et de prévoyance en vue de secourir les plus démunis ; il les dirige durant près de vingt ans et y fonde le livret A. Il offre le contrôle de l’établissement au gouvernement en 1835. Au moment de sa mort, il existait en France trois cent cinquante caisses d’épargne ayant récolté quatre cents millions de francs.

Pendant la révolution de 1830, il fait partie de la délégation de cinq membres envoyée le 30 juillet par la Chambre des députés au palais du Luxembourg pour discuter avec les pairs afin de convaincre la chambre haute de soutenir la proclamation du duc d’Orléans comme lieutenant général du royaume. Il fait ensuite partie de la commission de douze députés qui, dans la soirée, se rend au château de Neuilly afin de notifier à Louis-Philippe d’Orléans la délibération l’appelant à la lieutenance générale du royaume.

Il est l’un des principaux membres de la Société philanthropique et l’un des fondateurs de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale. Fervent propagateur de l’instruction primaire, il est le patron des salles d’asile. Surnommé le « père des ouvriers », il lègue 160 000 francs à la Caisse d’épargne, à charge de donner des livrets de cinquante francs à trois mille ouvriers choisis chaque année.

Outre des discours politiques et des écrits sur les caisses d’épargne, il est l’auteur d’un Guide du bonheur paru en 1839, et le co-auteur de La Nouvelle morale en action (1858), traité d’édification.

Sources : Wikipédia, Institut Benjamin Delessert.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.