Amerigo Vespucci, navigateur et explorateur.

Amerigo Vespucci, né le 9 mars 1454 à Florence, dans la république du même nom, et mort le 22 février 1512 à Séville en Castille, est un commerçant, navigateur et explorateur florentin.

Entre 1497 et 1504, il participe à au moins deux voyages de l’âge des découvertes, le premier au nom de l’Espagne entre 1499 et 1500, et le deuxième pour le Portugal entre 1501 et 1502. En 1503 et en 1505, deux livrets sont publiés sous son nom. Les deux évoquent le Nouveau Monde, qui aujourd’hui porte le nom d’Amérique en son honneur. Les deux livrets contiennent des descriptions colorées de ces explorations et d’autres voyages présumés. Ils deviennent vite populaires et se diffusent largement dans l’Europe. Bien que certains historiens contestent encore la paternité et la véracité de ces ouvrages, à l’époque, ils contribuent à faire connaître les nouvelles découvertes et à établir une renommée universelle d’Amerigo Vespucci en tant qu’explorateur et navigateur.

Amerigo Vespuccci, carte maximum, Belgique.

En 1501, lors de son expédition portugaise, il affirme avoir compris que le Brésil fait partie d’un autre continent, qu’il nomme le Nouveau Monde. Cette revendication pousse le cartographe Martin Waldseemüller à reconnaître les réalisations d’Amerigo Vespucci en 1507 en appliquant le nom « America » pour la première fois à sa carte montrant le Nouveau Monde. D’autres cartographes lui emboîtent le pas et, en 1532, le nom « Amérique » est définitivement apposé sur le continent nouvellement découvert, sans qu’on sache si Amerigo Vespucci a eu un jour connaissance de ces honneurs.

En 1505, il est fait citoyen de la Couronne de Castille par décret royal et en 1508, il est nommé au poste nouvellement créé de navigateur en chef pour la Casa de Contratación (maison du commerce) d’Espagne à Séville, un poste qu’il occupe jusqu’à sa mort en 1512.


Selon la Carta a Soderini, le premier voyage d’Amerigo Vespucci aurait eu lieu en 1497. Le nom du commandant de flotte n’est pas mentionné mais ceux de Juan Díaz de Solís, Vicente Yáñez Pinzón et Juan de la Cosa sont évoqués par les historiens. Après avoir commencé le voyage le 10 mai 1497 avec quatre caravelles, toujours selon la Carta a Soderini, seule source de ce supposé voyage, les explorateurs se seraient rendus aux Canaries et après s’y être arrêtés quelque temps, auraient mis cap à l’ouest. Après vingt-sept ou trente-sept jours de voyage, ils débarquent à un point situé à 16 degrés au nord et à 75 degrés à l’ouest des îles Canaries, et où ils sont bien reçus par les indigènes avec des fêtes et de magnifiques repas, ils leur offrent également divers cadeaux matériels et même leurs propres femmes. Le texte fournit peu d’information géographique à partir de ce point-là, se limitant à dire qu’ils parcourent la côte au nord-ouest sur 870 lieues et qu’ils traversent une région appelée « Lariab » ou « Parias », qui se trouve sous le tropique du Cancer. Germán Arciniegas pense qu’ils ont navigué à travers le golfe du Mexique et ont parcouru la côte Est des États-Unis jusqu’au golfe du Saint-Laurent. Après avoir mené une bataille contre les indigènes, ils décident de retourner en Castille, avec une escale sur l’île d’Iti, peut-être les Bermudes, où ils s’engagent de nouveau dans un conflit contre les indigènes, faisant environ 250 prisonniers. Ils arrivent à Cadix en octobre 1498 ou 1499, la Carta a Soderini étant contradictoire sur la date.

La plupart des historiens pensent que ce voyage est une invention postérieure et étrangère à Amerigo Vespucci, dont l’histoire comprend de véritables parties du voyage authentique ayant eu lieu en 1499 sous le commandement d’Alonso de Ojeda. L’historien colombien Germán Arciniegas croit plutôt qu’il s’agit d’un voyage réel, en se basant sur deux cartes créées immédiatement après 1499, la carte de Juan de la Cosa à partir de 1500 et le planisphère de Cantino en 1502, sur lesquels, selon lui, il est possible de voir le golfe du Mexique et la péninsule de Floride. Cette interprétation ne fait pas consensus parmi les historiens de la cartographie.

La carte de Juan de la Cosa, datée de 1500, qui présente, en plus des découvertes de Vicente Yáñez Pinzón, qualifié de « découvreur du Brésil », celles de l’expédition d’Alonso de Ojeda, qui était accompagné d’Amerigo Vespucci. Il s’agit de la plus ancienne carte existante du Nouveau Monde.
Amerigo Vespucci prétend avoir quitté Cadix le 16 ou 18 mai 1499 à bord d’une expédition que les historiens identifient à celle dirigée par Alonso de Ojeda qui est accompagné de Juan de la Cosa et d’autres marins célèbres tels que Diego Martín Chamorro, Juan Sánchez, José López et Francisco Morales. Le rôle tenu par Amerigo Vespucci dans cette expédition est inconnu. Selon ses écrits ultérieurs, il était le commandant principal de deux navires, ce qui a été prouvé plus tard comme étant une fausse information. Il ne pouvait pas non plus être pilote car, à cette époque, il n’avait aucune expérience en navigation. Peut-être que sa connaissance des perles était la raison de sa présence.

Le récit d’Amerigo Vespucci sur cette expédition se trouve dans des copies de deux lettres et un fragment d’une autre. L’un de ces deux ouvrages est daté de Séville du 18 juillet 1500 et est adressé à un certain « magnifique Lorenzo », probablement Lorenzo di Pierfrancesco de Médicis. La version d’Amerigo Vespucci contredit toutes les autres sources du voyage et rend difficile la reconstruction précise de son itinéraire.

La reconstruction la plus largement acceptée du voyage d’Alonso de Ojeda est la suivante. Après avoir quitté l’Andalousie, ils sont allés aux îles Canaries et de là, ils ont navigué pendant vingt-quatre jours jusqu’à ce qu’ils aperçoivent la terre, puis ils ont parcouru la côte nord de l’Amérique du Sud. Ils ont ensuite navigué jusqu’au cap de Santo Agostinho à environ 6 degrés de latitude sud. Amerigo Vespucci pense alors être près d’une route vers l’Asie. En juin 1500, après avoir parcouru deux degrés de plus, l’expédition décide de retourner en Europe car son équipage est fatigué et détruit psychologiquement, prenant d’abord la route le long de la côte en direction des Caraïbes, mais de là, ils décident d’explorer l’embouchure de l’Amazone. Ils atteignent ensuite l’île de la Trinité, apercevant alors les embouchures des fleuves Essequibo et Orénoque, explorant ce dernier avec soin. Ils traversent ensuite le golfe de Paria, l’île de Margarita, puis l’île qu’Amerigo Vespucci qualifie « des Géants », aujourd’hui Curaçao, où il tente d’enlever une jeune femme pour l’emmener en Castille comme preuve, mais les habitants ne le laisse pas faire. Le nom du Venezuela est historiquement attribué à Amerigo Vespucci qui aurait accompagné Alonso de Ojeda lors de cette expédition de 1499 le long de la côte nord-ouest du pays, endroit aujourd’hui connu sous le nom de golfe du Venezuela. L’équipage décrit les habitations autochtones érigées sur des pieux en bois dépassant de l’eau et construite par les Agnous. Ces maisons, qu’ils appellent « maisons sur pilotis », auraient rappelé à Amerigo Vespucci la ville de Venise en Italie (« Venezia » en italien), ce qui lui aurait inspiré pour donner à la région le nom de « Venezziola » devenu « Venezuela », pour « Petite Venise ». L’expédition longe ensuite la péninsule de Guajira jusqu’au cap de la Vela. Pendant tout ce passage, Amerigo Vespucci prend des notes sur la faune et la flore et décrit également l’apparence et les coutumes des autochtones. À Cubagua, il échange des babioles contre des perles et autres trésors aborigènes. Le mois suivant, il arrive à Hispaniola.

L’expédition poursuit en direction des Antilles pour y capturer des esclaves. Amerigo Vespucci pense toujours naviguer à l’extrémité orientale de l’Asie, où Claude Ptolémée croyait qu’il y avait une péninsule sur laquelle se trouvait le marché de Cattigara. Il cherche alors la fin de cette bande de terre, qu’il appelle « cap Cattigara ». Il pense alors qu’après avoir dépassé ce point, il atteindrait la grande mer qui baigne les côtes du sud de l’Asie.

Amerigo Vespucci affirme être rentré en Espagne très fiévreux.

Le roi Manuel Ier décide de créer une expédition d’exploration au Brésil pour enquêter sur les territoires décrits par Pedro Álvares Cabral. Vespucci y participe, dans un rôle inconnu. Le nom du capitaine de la compagnie est également inconnu, selon certains auteurs il pourrait s’agir de Gonçalo Coelho.

En mai 1501 (des sources évoquent le 10, le 13 ou le 31), l’expédition hisse les voiles dans le but, selon Frederick J. Pohl, de retrouver le détroit de Cattigara, dont Claude Ptolémée avait pensé qu’il menait en Asie. L’équipage traverse les îles Canaries sans s’arrêter, atteint Bezeneghe, l’actuelle Dakar, et se dirige vers l’archipel du Cap-Vert. Après un bref séjour, la flotte débute sa traversée de l’Atlantique le 15 juin. Ce voyage est très difficile et prend plus de soixante jours pour traverser la partie la plus étroite de l’océan, alors que Christophe Colomb n’en avait mis que trente-sept à traverser la partie large. Début août, ils arrivent sur les rives de l’actuel Brésil, à un endroit qu’Amerigo Vespucci ne mentionne pas et que les historiens modernes situent entre Ceará et Rio Grande do Norte.

Ils poursuivent leur route vers le sud le long de la côte sud-américaine66. Selon Francisco Varnhagen, ils sont d’abord allés vérifier le cap de Saint-Augustin le 28 octobre, avant de continuer à nommer les caractéristiques géographiques d’après les saints catholiques : notamment le cap de San Roque le 16 octobre, la baie de Tous les Saints le 1er novembre et la rivière Sainte-Lucie le 13 décembre. Le 1er janvier 1502, ils entrent dans la baie de Guanabara à Rio de Janeiro.

Selon l’historien colombien Germán Arciniegas, le 15 février, lorsqu’ils atteignent le point de la côte où les Portugais pensent que le traité de Tordesillas place la limite entre la juridiction portugaise et la juridiction castillane, il y aurait eu une discussion entre les navigateurs sur l’itinéraire à suivre pour continuer l’exploration10. Amerigo Vespucci estime alors qu’il est essentiel de continuer à étendre les connaissances sur le Nouveau Monde au sud, alors que le commandant pense le contraire, compte tenu de l’illégalité de l’acte10. Finalement c’est le Florentin qui obtient gain de cause. Le père Ayres de Cazal mentionne la découverte à un point situé à 25°35’S (dénommé l’entrée de la « rivière Cananea », un nom inventé par Amerigo Vespucci), d’un morceau de marbre mesurant 80 centimètres de haut pour 40 de large et 20 de profondeurs cloué au sol et ornant une sculpture des armoiries du Portugal. Alberto Magnaghi pense que seule l’expédition à laquelle participe Amerigo Vespucci en 1502 aurait pu poser cette pierre.

L’expédition poursuit vers le sud, mais son itinéraire exact est inconnu. Amerigo Vespucci se contente d’affirmer qu’ils atteignent une latitude de 50 °S et note la disparition de la Grande Ourse et la Petite Ourse de l’horizon pour la première fois depuis les quatre mois et vingt-six jours pendant lesquels ils sont restés au sud du tropique du Capricorne. Frederick J. Pohl suppose qu’ils auraient continué à longer le continent, découvrant le Río de la Plata et la Patagonie, dans l’actuelle Argentine. Germán Arciniegas pense plutôt qu’ils ont atteint le détroit de Magellan, les îles Malouines et la Géorgie du Sud. D’autre part, certains auteurs comme Ernesto Basilico ne sont pas du tout d’accord, selon lui : « Amerigo Vespucci n’a découvert ni le Río de la Plata, ni la Patagonie, et n’a donc pas été le précurseur de Juan Díaz de Solís ou de Fernand de Magellan ».

Selon la Carta a Soderini, la flotte arrive sur les côtes du Sierra Leone le 10 mai 1502 avant de brûler un de ses navires qui était dans un état désastreux et de rester à terre pendant quinze jours. Elle repart en direction des Açores, qu’elle atteint fin juillet. Elle y reste encore une quinzaine de jours avant d’arriver à Lisbonne le 7 septembre 150295. Selon l’auteur de Mundus Novus, soi-disant Amerigo Vespucci, les terres visitées par les Portugais lors de ces voyages font partie d’un continent qu’il appelle « le Nouveau Monde ».

Selon la Carta a Soderini la seule source, bien que peu fiable, de ce supposé voyage d’Amerigo Vespucci, le roi Manuel Ier du Portugal aurait demandé une autre expédition sous les ordres de Gonçalo Coelho, ce qui aurait déplu au Florentin, puisqu’il n’était pas d’accord avec les itinéraires de navigation du commandant et le trouvait présomptueux et têtu. Financée, selon Robert Levillier, par Fernão de Noronha, la flotte composée de six navires part le 10 mai 1503 et son objectif principal était de découvrir l’emplacement de l’île de Malacca.

La Carta a Soderini continue en expliquant leur passage par le Sierra Leone qu’ils explorent un peu malgré de très mauvaises conditions météorologiques. Le 10 juin 1503, ils atteignent les îles du Cap-Vert et peu de temps après se mettent en route pour la baie de Tous les Saints. Au milieu de la traversée de l’Atlantique, ils se heurtent au petit archipel de Fernando de Noronha, qu’Amerigo Vespucci qualifie de « véritable merveille de la nature ». À ce moment-là, la flotte se disperse : l’auteur de la Carta a Soderini affirme que le capitaine Coelho, qu’il critique constamment, est tombé. Les archives de l’époque ne font toutefois aucune mention de cet incident. Amerigo Vespucci poursuit son voyage au Brésil avec les deux seuls navires dont il dispose. Il navigue le long de la côte jusqu’aux environs du Río de la Plata avant de repartir par la même route. Il construit un petit fort, dans lequel il laisse vingt-quatre marins avec de la nourriture, des canons et d’autres armes pendant six mois. Il charge alors les navires de brésil et, forcé par le manque d’équipage et de gréement, il retourne au Portugal et atteint Lisbonne le 18 juin 1504.

Selon une lettre de Girolamo Vianello, un Vénitien au service de la Couronne de Castille à la Signoria de Venise, envoyée depuis Burgos le 23 décembre 1506, Amerigo Vespucci aurait participé à un voyage dirigé par « Zuan Biscaino » (certainement Juan de la Cosa), dont les survivants seraient rentrés en Espagne quelque temps auparavant.

Toujours selon Girolamo Vianello, cette expédition explore les côtes inconnues du continent américain, où elle affronte à plusieurs reprises les peuples autochtones, sur terre ou en mer. Les Castillans obtiennent de nombreuses perles mais perdent tous leurs navires, qui était au moins au nombre de quatre, et demeurent isolés sur le continent pendant quatre-vingt-seize jours dans une forteresse improvisée où ils subissent le siège des Indiens et la maladie qui provoquent de nombreux décès. À la fin de cette période, trente-quatre survivants partent pour Hispaniola à bord de bateaux dont le bordé a été reconstruit, tandis que dix volontaires restent dans la forteresse. Les batels parviennent à atteindre l’île et de là, l’équipage restant rentre en Espagne à bord de deux caravelles.

Les autres récits épistolaires de Girolamo Vianello, font de lui une source crédible et les documents officiels de Venise et les dates d’émission et de réception de sa lettre prouvent qu’elle est authentique. En revanche des preuves affirment que Juan de la Cosa est revenu en 1506 d’un voyage aux Indes qu’il avait entrepris deux ans plus tôt, en 1504. Il existe aussi de nombreux documents dans les archives de la maison de recrutement attestant de la présence d’Amerigo Vespucci en Castille en juin 1505 et également à partir de septembre 1506.

En général, l’historiographie tend à nier l’existence de ce voyage ou du moins la participation d’Amerigo Vespucci à celui-ci10. Seul Germán Arciniegas pense qu’il a pu participer à un bref voyage d’au plus trois mois, juste le temps de faire une très brève visite, peut-être sur la côte des Perles, aux Caraïbes.

L’itinéraire du voyage de 1505 aurait été reproduit par Juan de la Costa et Amerigo Vespucci deux ou trois ans plus tard. Comme pour le voyage précédent, il n’existe aucune preuve documentaire directe qu’il ait vraiment eu lieu, c’est pourquoi il est souvent rejeté par les historiens modernes. La seule et très brève référence à cette exploration est celle donnée par le doge de Venise, Francesco Corner, à la cour de Castille, dans une de ses lettres adressées à la Signoria, écrite à Burgos le 19 juin 1508, dans laquelle il déclare que l’expédition atteint enfin la terre ferme afin de ramener de l’or.

On se souvient d’Amerigo Vespucci principalement parce que le continent américain porte aujourd’hui son nom, en raison des récits de voyages recueillis dans la Carta a Soderini, considérés pour la plupart comme imaginaires. Le seul consensus des historiens concerne sa participation à la cinquième expédition européenne qui atterri sur les côtes du Brésil ainsi qu’au voyage d’Alonso de Ojeda de 1499 et 1500, qui visite l’actuel Venezuela, dont le nom lui est historiquement attribué.

Son travail en tant que cosmographe est moins célèbre. Il est toutefois un des premiers à décrire le Gulf Stream, précédemment découvert par Antón de Alaminos. Il explique également une méthode d’estimation de la longitude positionnelle en étudiant les cycles lunaires et les conjonctions planétaires. Il affirme également être le premier à dire que les nouvelles terres découvertes par Christophe Colomb n’appartiennent pas à l’Asie mais font partie d’un continent distinct, bien que d’autres auteurs considèrent cette interprétation comme erronée puisque les écrits attribués à Amerigo Vespucci ne prétendent à aucun moment que le « Nouveau Monde » est entièrement entouré d’eau. À son époque, il est considéré comme un bon cartographe, mais aujourd’hui aucune de ses cartes n’est conservée.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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