Alva Reimer Myrdal, femme politique, diplomate et sociologue.

Alva Reimer Myrdal, ou Alva Myrdal, née le 31 janvier 1902 à Uppsala (Suède) et morte le 1er février 1986 à Danderyd (Suède), est une femme politique, diplomate et sociologue suédoise. Elle a reçu le prix Nobel de la paix en 1982 (conjointement avec le diplomate mexicain Alfonso García Robles) pour son rôle dans les négociations pour le désarmement au sein des Nations unies et dans la formation de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm. Elle était l’épouse de l’économiste Gunnar Myrdal et la mère de l’écrivain Jan Myrdal. Elle a également été députée au Parlement suédois, élue sous les couleurs du Parti social-démocrate.

Elle était membre de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté.


Alva Reimer Myrdal résumait ainsi sa carrière : « Dans les années 30, je me suis consacrée à la politique familiale, dans les années 40 à la politique scolaire, dans les années 50 à la politique d’aide au tiers-monde, dans les années 60 aux questions du désarmement et dans les années 70 aux relations entre l’Église et l’État ».

Alva Reimer Myrdal attire l’attention pour la première fois dans les années 1930 et est l’un des principaux moteurs de la création de l’État-providence suédois. En 1934, elle publie avec Gunnar Myrdal Kris i Befolkningsfrågan (La question de la population en crise ; en anglais «  The Crisis in the Population »), émettant que le principe de base sur cette question serait de trouver les réformes sociales nécessaires pour permettre la liberté individuelle (en particulier pour les femmes) tout en promouvant la procréation et en encourageant les Suédois à avoir des enfants. Ce livre souligne aussi l’importance de la responsabilité partagée dans l’éducation des enfants, aussi bien entre les parents qu’avec la communauté avec des éducateurs d’enfants formés.

Alva Reimer Myrdal était très critique de l’évolution du fonctionnement des écoles maternelles (jardins d’enfants avant l’école) en Suède. En conséquence, elle publie en 1935 l’ouvrage Urban Children (littéralement : « enfants urbains », ou « enfants des villes »), dans lequel elle présente ses idées pour une réforme du système préscolaire suédois. Elle y soutient que les services de garde contemporains d’enfants sont imparfaits ; le système est alors polarisé entre deux extrêmes : les mesures de « secours aux pauvres » pour les moins nantis, en contraste avec des mesures permettant de préparer les enfants des familles les plus riches pour les écoles privées. Elle souligne qu’il existe des obstacles matériels pour pouvoir accéder à une bonne éducation et que, par conséquent, des réformes sociales et économiques sont nécessaires ; elle voulait combiner et intégrer les deux extrêmes. Les idées de réformes proposées dans ce livre sont très radicales pour l’époque, avec notamment la création d’un réseau de crèches et garderies et celle d’allocations familiales. Elle est consultée en tant qu’« experte » par le ministère des Affaires sociales du gouvernement social-démocrate de Per Albin Hansson, au pouvoir depuis deux ans. Elle siège dans la Commission de la population, organisme public chargé d’émettre des propositions sur les problèmes démographiques et intègre le secrétariat du Comité pour l’emploi des femmes mariées, dont le rapport final suggère l’adoption de diverses mesures visant à défendre les droits de ces dernières dans le système salarial et à y favoriser leur intégration, des préconisations qui seront votées après la Seconde Guerre mondiale.

L’année suivante, elle est amenée à mettre sa théorie en pratique, en devenant directrice du Séminaire national sur l’éducation, qu’elle cofonde en 1936 ; elle y travaille en tant qu’enseignante et pédagogue formatrice d’enseignants du préscolaire. Elle souligne le manque de recherches récentes en éducation pour la formation d’enseignants du préscolaire ; dans son propre enseignement, elle tente d’intégrer les découvertes récentes en psychologie de l’enfant dans l’éducation, elle met aussi en avant des études sociales et de développement personnel des femmes.

Avec l’architecte suédois Sven Markelius, Alva Reimer Myrdal conçoit la « Maison collective » (Collective House) coopérative créée à Stockholm en 1937, dans le but de développer plus de liberté domestique pour les femmes.

En 1938, Alva et Gunnar Myrdal déménagent aux États-Unis. Alva Reimer Myrdal y publie l’ouvrage Nation and Family (littéralement « Nation et famille ») en 1941, au sujet de la cellule familiale suédoise et la politique démographique3[réf. à confirmer]. Elle définit alors les grands points de ce qui feront les réformes scolaires suédoises après 1945 : « un enseignement qui tient compte à la fois des capacités de l’individu et favorise le travail en groupe ».

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle vit périodiquement en Suède.

Membre éminente de longue date du Parti social-démocrate suédois, elle s’implique à la fin des années 1940 dans les questions internationales6, en lien avec l’Organisation des Nations Unies (ONU), et est nommée à la tête de sa commission des affaires sociales en 1949. De 1950 à 1955, elle devient présidente du département des sciences sociales de l’UNESCO et elle est ainsi la première femme à obtenir un poste aussi important à l’ONU. En 1955–1956, elle devient ambassadrice de Suède à New Delhi (Inde) – la première Suédoise à accéder à un tel poste -, et envoyée suédoise à Rangoun (Myanmar) et à Colombo (Sri Lanka). Elle reste ambassadrice de Suède à New-Delhi de 1956 à 1961.

En 1961, Alva Myrdal devient conseillère spéciale en désarmement du ministre suédois des Affaires étrangères. En 1962, elle est élue au Parlement suédois et, la même année, elle est envoyée pour diriger la délégation suédoise à la conférence de l’ONU sur le désarmement à Genève, rôle qu’elle conservera jusqu’en 1973. Au cours des négociations à Genève, elle a eu un rôle extrêmement actif, émergeant en tant que chef du groupe des nations non alignées qui a fait pression sur les deux superpuissances mondiales (États-Unis et URSS) pour qu’elles se préoccupent davantage de mesures concrètes de désarmement. Plus tard, elle parlera de son expérience de cette période dans son livre The game of disarmament (littéralement « Le jeu du désarmement », 1976), tout en exprimant sa déception quant à la réticence des États-Unis et de l’URSS face au désarmement.

Alva Myrdal participe à la création de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm4, et en devient la première présidente du conseil d’administration en 1966. En 1967, elle est également nommée membre du Cabinet pour le désarmement, poste qu’elle occupera jusqu’en 1973. Elle devient aussi députée puis ministre sociale-démocrate du Désarmement nucléaire2. Dans la décennie 1970, engagée auprès des mouvements pacifistes scandinaves, elle remet en avant l’idée d’une zone dénucléarisée nordique5. Elle pensait que le grand public avait lui aussi une importance dans la lutte contre les armes atomiques, notamment avec l’aide d’une « information correcte du public ». Fervente partisane du désarmement, Alva Myrdal reçoit le prix Nobel de la paix en 1982 avec Alfonso Garcia Robles.

Alva Myrdal a également promu des réformes dans la prise en charge des enfants puis, plus tard, a travaillé dans la commission gouvernementale suédoise sur le travail des femmes et est devenue présidente de la Fédération du travail et des femmes professionnelles (Federation of Business and Professional Women).

Source : Wikipédia.

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