Ali Bongo Ondimba, homme d’état.

Ali Bongo Ondimba, né Alain-Bernard Bongo le 9 février 1959 à Brazzaville, est un homme d’État gabonais. Membre du Parti démocratique gabonais (PDG), il est président de la République de 2009 à 2023.

Fils d’Omar Bongo, qui préside le pays de 1967 à 2009, il est ministre des Affaires étrangères de 1989 à 1991, puis de la Défense de 1999 à 2009. Il est également député à partir de 1990.

Candidat à l’élection présidentielle de 2009, organisée à la suite de la mort de son père, il l’emporte sur fond de suspicions de fraudes. Il est réélu dans les mêmes circonstances en 2016, à l’issue d’un scrutin inhabituellement serré pour le pays, conduisant à une crise politique.

Sa présidence est marquée par une instabilité ministérielle ainsi que par un grave accident vasculaire cérébral en 2018, à la suite duquel il manque d’être renversé par une tentative de coup d’État. Relativement effacé lors de son premier mandat, il change progressivement sa pratique du pouvoir en intervenant davantage sur le devant de la scène politique.

À la tête du pays depuis près de quatorze ans, il brigue un troisième mandat à l’occasion de l’élection présidentielle de 2023. Les résultats, contestés par l’opposition et le donnant vainqueur, provoquent sa destitution par l’armée, après cinquante-cinq années de « dynastie Bongo ».


Né Alain-Bernard Bongo le 9 février 1959 à Brazzaville, il est le fils aîné d’Albert-Bernard Bongo et de la chanteuse Joséphine Nkama (devenue par la suite Patience Dabany) et d’ethnie Teke. Il prend le nom d’Ali Ben Bongo lorsque son père convertit la famille à l’islam, en 1973.

Selon une rumeur tenace, relayée notamment par l’ouvrage de Pierre Péan Nouvelles affaires africaines, Ali Bongo serait un enfant biafrais ayant été adopté par Omar Bongo à la fin des années 1960. Le candidat à l’élection présidentielle de 2009 Luc Bengono Nsi dépose un recours visant à annuler l’élection pour cette raison. Une des filles d’Omar Bongo, Onaida Maisha Bongo, réclame devant la justice française de pouvoir consulter la copie intégrale de l’acte de naissance de son frère, conservée au service central de l’état civil, à Nantes. Une autre de ses héritières agit également en justice. Mais toutes deux voient leurs demandes classées sans suite.

Ali Bongo effectue ses études en France. Il est scolarisé dans un collège protestant des Cévennes (à Alès) et un temps au collège Sainte-Croix de Neuilly. Il étudie le droit à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Prisant les voitures de luxe et les grands vins, il s’essaie notamment à la chanson (sur le modèle de sa mère), et s’associe aux musiciens de son idole James Brown pour enregistrer en 1977 un album de funk intitulé A Brand New Man, sans rencontrer toutefois de réel succès.

Ali Bongo rencontre Inge Lynn Collins, touriste originaire de Los Angeles, lors d’une soirée en 1975. Ils se marient à Madrid en 1994. Ali Bongo a déclaré qu’il avait ensuite divorcé, ce qu’Inge Bongo conteste. Depuis 1989, il est marié avec une Française, Sylvia Valentin, fille d’Édouard Valentin, patron du groupe d’assurance « Omnium gabonais d’assurances et de réassurances » (OGAR), lui-même marié à une fille d’Omar Bongo.

Il est père de quatre enfants : Malika (mariée à Steve Dossou, fils de Samuel Dossou-Aworet), Noureddin, Jalil et Bilal, ce dernier étant adopté.

Il est franc-maçon, grand maître de la Grande Loge du Gabon.

En octobre 2021, son nom est cité dans les Pandora Papers. Sa présidence dément toute implication dans cette affaire.

Ali Bongo revient au Gabon et travaille dans le cabinet de son père entre 1987 et 1989. Son entrée dans la vie politique est une décision de son père mais se révèle compliquée, alors qu’Ali Bongo ne maîtrise pas les langues ni les coutumes locales.

De 1989 à 1991, il est ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Casimir Oyé Mba. Il doit démissionner à cause de son âge : la Constitution de 1991 impose d’avoir au moins 35 ans pour exercer des fonctions ministérielles et Ali Bongo a alors 32 ans. Il revient dans le cabinet de son père.

Il se présente avec succès à la députation en 1990 dans le Haut-Ogooué. En 1996, il se présente pour prendre la tête de la province du Haut-Ogooué, qui est le fief de son cousin, le ministre de la Défense, général et ancien chef d’État-major Idriss Ngari. Ali Bongo affronte Ngari et se voit reprocher pendant la campagne sa méconnaissance de la langue locale et son absence de résidence dans la région. Mais il bénéficie du soutien de son père, qui est décisif dans son élection.

En février 1999, Ali Bongo est nommé ministre de la Défense en remplacement de Ngari au sein du gouvernement. Ali Bongo dépense beaucoup pour sa popularité au sein de l’armée et place ses alliés. Son beau-frère, le ministre de l’Économie Paul Toungui, le trouve trop dépensier et bloque un achat militaire. À ce poste, il dispose par ailleurs de peu d’influence.

Ali Bongo est réélu député en 2001 et 2006.

Vice-président du Parti démocratique gabonais, Ali Bongo est désigné candidat par le parti au pouvoir pour l’élection présidentielle prévue le 30 août 2009 et destinée à remplacer Omar Bongo, mort en juin 2009. Cette décision est le fruit d’un accord entre les élites gabonaises et la France afin d’assurer la stabilité du régime, des critiques apparaissant cependant sur cet héritage monarchique10. Dans une interview accordée à Voice of America, il explique se vouloir candidat au changement. Ali Bongo est en tout état de cause un des dauphins auxquels songeait son père parmi tous ses enfants ; il est le seul à avoir été préparé de la sorte. Il utilise pleinement le PDG, machine électorale que lui a laissée son père et qui a remporté haut la main toutes les élections depuis l’avènement du multipartisme en 1990.

Le 3 septembre 2009, les résultats officiels indiquent qu’Ali Bongo est élu président de la République avec 41,7 % des voix, face à Pierre Mamboundou (25,6 %) et André Mba Obame (25,3 %). Ces derniers contestent la légalité de la proclamation et la sincérité des résultats. À la suite de l’annonce des résultats, des émeutes éclatent à Port-Gentil et sont violemment réprimées, faisant au moins 15 morts. Après la validation des résultats de l’élection, Ali Bongo est investi le 16 octobre 2009.

Par la suite, plusieurs enquêtes indiquent que les résultats ont été truqués. Dans le documentaire Françafrique 1 – La Raison d’État, diffusé sur France 2 en décembre 2010, le diplomate Michel de Bonnecorse, ex-conseiller pour l’Afrique auprès du président Jacques Chirac, confirme cette version des faits. L’ambassadeur américain Charles Rivkin, dans un télégramme transmis en novembre 2009 à la secrétaire d’État et divulgué par WikiLeaks en 2011, le confirme également : « Octobre 2009, Ali Bongo inverse le décompte des voix et se déclare président ».

Le 24 octobre 2018, alors que sont dévoilés les résultats des élections législatives de 2018, largement remportées par le parti au pouvoir, Ali Bongo est hospitalisé à Riyad, en Arabie saoudite, officiellement pour une « fatigue sévère » due à un surmenage. La presse internationale avance alors qu’il a été victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) ou d’un œdème cérébral. Après une hospitalisation de plus d’un mois à Riyad, il est transféré le 29 novembre 2018 à l’hôpital d’instruction militaire Mohammed-V de Rabat, au Maroc. Il quitte l’hôpital militaire le 5 décembre pour poursuivre sa convalescence dans une résidence privée à Rabat. Il reste au total dix mois à l’étranger.

Son élocution et l’usage de ses membres sont rendus très difficiles, notamment du côté droit, ce qui le conduit à suivre un programme de rééducation et d’orthophonie, ainsi qu’à changer d’hygiène de vie. Il accorde son premier entretien post-AVC en mars 2021 : il apparaît à cette occasion amaigri, ayant perdu une quarantaine de kilos, et doit toujours se déplacer avec une canne.

La santé du chef de l’État le voit remis en cause par l’opposition. En 2022, le parti d’opposition Union nationale demande ainsi en vain que la présidence du pays soit déclarée vacante, estimant qu’Ali Bongo n’est plus en capacité, physique et mentale, de gérer les affaires du pays.

En avril 2023, le Parlement, réuni en Congrès à la suite d’un forum de concertation boycotté par l’essentiel des partis d’opposition, modifie la Constitution en réduisant le mandat présidentiel de sept à cinq ans et en faisant repasser le scrutin à un tour unique.

Le 9 juillet 2023, Ali Bongo annonce sa candidature à un troisième mandat présidentiel. Désunie contrairement au scrutin présidentiel de 2016, l’opposition dénonce un « pouvoir dynastique », après plus de 55 ans de présidence de la famille Bongo, et une pré-campagne d’Ali Bongo financée par les moyens de l’État : bien que souffrant toujours de séquelles de son AVC de 2018, le président sortant est parvenu à tenir des rassemblements à un rythme soutenu à quelques mois de l’élection.

Le 30 août 2023, Ali Bongo est déclaré vainqueur de l’élection présidentielle par le centre gabonais des élections avec 64,27 % des voix. Le même jour, des militaires de la Garde républicaine organisent un coup d’État et proclament l’annulation des élections.

Après le coup d’État de 2023, Ali Bongo est placé en résidence surveillée. Il appelle ses amis à « faire du bruit contre ceux qui [l]’ont arrêté ». Brice Oligui Nguema, son cousin éloigné, lui succède en tant que « président de la Transition ».

Le 6 septembre 2023, Brice Oligui Nguema annonce que, du fait de son état de santé, Ali Bongo est « libre de ses mouvements » et qu’il « peut se rendre, s’il le souhaite, à l’étranger afin d’y effectuer ses contrôles médicaux »84. Il se montre disposé à conseiller les nouvelles autorités.

Le 7 mars 2024, Ali Bongo est demis de sa présidence du Parti démocratique gabonais (PDG).

En mai 2024, Ali Bongo et deux de ses fils, Jalil et Bilal, annoncent via leurs avocats, qu’ils entament une grève de la faim pour protester contre la « séquestration » et les « actes de torture » dont plusieurs membres de leur famille seraient victimes. Une plainte à ce sujet est déposée en France. Selon cette plainte, Ali Bongo, son épouse Sylvia et deux de leurs enfants sont de nationalité française.

Source : Wikipédia.

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