Alexis Carrel, chirurgien et biologiste.

Alexis Carrel, né le 28 juin 1873 à Sainte-Foy-lès-Lyon et mort le 5 novembre 1944 à Paris, est un chirurgien, biologiste et eugéniste français.

Pionnier de la chirurgie vasculaire, lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine en 1912, il est renommé pour son expérience du cœur de poulet battant in vitro pendant un temps très supérieur à la vie d’un poulet. S’étant fait mondialement connaître par la publication de L’Homme, cet inconnu en 1935, il milita pour l’eugénisme et l’euthanasie des criminels.


À sa naissance, il reçoit les prénoms de Marie, Joseph, Auguste. Fils d’Alexis Carrel-Billiard, négociant, il épouse Anne Gourlez de La Motte, veuve du marquis Henri Jarret de La Mairie et petite-fille du général Auguste Étienne Marie Gourlez de Lamotte.

Ancien élève du lycée Saint-Marc, docteur en médecine de la faculté de Lyon, il s’orienta dès l’internat vers la recherche en chirurgie, sur la compatibilité des tissus et les sutures. Il se fit embaucher comme apprenti auprès d’une brodeuse célèbre de Lyon qui lui apprit à faire des nœuds de plus en plus fins. Il publia son premier article sur les sutures vasculaires en 1902, et les méthodes développées (comme la triangulation qui est l’anastomose de vaisseaux de calibres différents en plaçant au préalable trois fils d’appui sur la circonférence vasculaire) sont encore en usage à ce jour. Dans le train qui le conduisait à Lourdes, il fut amené à examiner une jeune fille présentant une tuberculose péritonéale terminale. Puis il constata la disparition des masses abdominales peu après application d’eau de la source de Lourdes. Ce genre d’observations sans pratique fondée sur les preuves entacha considérablement sa réputation et constitua un barrage à l’accession à une chaire universitaire. Il choisit alors de s’expatrier.

Dès une première présentation de ses travaux à Montréal, il reçut une invitation à l’université de Chicago et y travailla avec Charles Claude Guthrie, écrivant avec lui 21 articles en 22 mois, décrivant les perfectionnements successifs de ses techniques d’anastomoses vasculaires, démontrant pour la première fois qu’une veine pouvait être substituée à une artère, rapportant la première transplantation d’organe expérimentale en 1905. Le soutien financier de l’université s’avérant malgré tout faible, il accepta un poste au sein de l’Institut Rockefeller (Rockefeller Institute for Medical Research). En 1908, il réalise la première auto-transplantation rénale parfaitement fonctionnelle sur une chienne puis reproduit l’exploit avec la plupart des organes (cœur, thyroïde). Il fut ainsi un pionnier de la transplantation d’organes. Focalisant ses travaux sur la chirurgie cardiaque, il réalisa en 1910 le premier pontage cardiaque expérimental. En 1912, il obtint le prix Nobel de physiologie ou médecine « en reconnaissance de ses travaux sur la suture vasculaire et la transplantation de cellules sanguines et d’organes », devenant à l’époque à la fois le plus jeune lauréat et le premier scientifique récompensé pour ses travaux hors de son propre pays. Par la suite, il orienta ses travaux sur la culture de tissus.

Une expérience d’Alexis Carrel qui a beaucoup marqué son époque a été le cœur de poulet qu’il a fait vivre in vitro, dans un liquide nutritif, pendant une durée de plusieurs décennies (âge que n’atteint aucun poulet). Il ouvrait ainsi la voie à deux thèmes de recherches :

  • la conservation d’organes vivants à des fins éventuelles de greffes ;
  • la limite exacte de la durée de vie des différents organes.

En ce qui concerne la durée pendant laquelle ce cœur a effectivement battu, les informations divergent, de 28 à 37 ans.

Pendant la guerre de 1914, il revint en France, où, avec le chimiste anglais Henry Drysdale Dakin, il développa la méthode de Carrel-Dakin de traitement des brûlures (notamment la solution de Dakin) qui, avant le développement des antibiotiques, sauva la vie de nombreux blessés de guerre. Pour ses découvertes, il fut décoré de la Légion d’honneur. C’est alors qu’il se lia à Philippe Pétain. De retour aux États-Unis, il continua des travaux précurseurs sur le cœur artificiel, qui lui valurent l’amitié et le soutien de Charles Lindbergh, avec qui il écrivit La Culture des organes en 1938. Ils travaillèrent ensemble à la création de la circulation extra-corporelle (ouvrant la voie à la chirurgie thoracique et à celle de l’aorte). Au milieu des années 1930, il patronne le Centre d’études des problèmes humains de Jean Coutrot.

En juillet 1939, atteint par la limite d’âge inflexible de l’Institut Rockefeller, il rentre en France, deux mois avant le début de la Seconde Guerre mondiale. En guise de soutien à l’effort de guerre, il développe des techniques de conservation du sang et conçoit un hôpital militaire mobile, qui sera utilisé pour la première fois par les Britanniques en Afrique du Nord.

Alexis Carrel est l’inspirateur du mouvement de l’hygiène vitale (naturopathie), philosophie de la force vitale, et du téléfinalisme, la science de l’humorisme (liquide du corps, sang, lymphe, émonctoire) et des 10 techniques de santé.

On attribue à Carrel8 la phrase « Une cellule bien hydratée, bien nourrie, bien débarrassée de ses déchets se renouvelle perpétuellement », suggérant à long terme une possible immortalité des organismes. Ce thème sera souvent repris par Jean Rostand.

Il est inhumé dans un petit oratoire sur l’île Saint-Gildas dans les Côtes-d’Armor qui était sa propriété, achetée avec l’argent de son prix Nobel.

Il a été membre de l’Académie pontificale des sciences.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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