Alexeï Leonov, cosmonaute.

Alexeï Arkhipovitch Leonov, né le 30 mai 1934 à Listvianka (oblast de Kemerovo) et mort le 11 octobre 2019 à Moscou, est un cosmonaute soviétique. Il est le premier homme à réaliser une sortie extravéhiculaire dans l’espace dans le cadre de la mission Voskhod 2, le 18 mars 1965. En 1975, pour sa deuxième mission, commandant la mission Soyouz 19, il participe à la mission Apollo-Soyouz, première coopération spatiale entre les États-Unis et l’Union soviétique, marquant un réchauffement des relations entre les deux pays pendant la guerre froide.

Alexeï Leonov nait le 30 mai 1934 à Listvianka dans le district de Tisoulski situé dans l’oblast de Kemerovo en Sibérie occidentale. Sa famille déménage à Kaliningrad en 1948. Il décroche en 1957 un diplôme de pilote à l’académie militaire de Tchouhouïv (Ukraine).

Le lancement du premier satellite artificiel Spoutnik 1 en 1957 par l’Union soviétique marque le début de l’ère spatiale. Durant cette période de Guerre froide chacune des deux superpuissances, les États-Unis et l’Union Soviétique, tentent de prouver la supériorité de son système politique par le biais de ses succès dans le domaine spatial . Le lancement du premier homme dans l’espace devient rapidement le nouvel enjeu de cette course à l’espace. En juin 1959 les responsables soviétiques décident de recruter leurs futurs cosmonautes parmi les pilotes de l’armée de l’air car ceux-ci sont déjà, par leur métier, accoutumés à subir des accélérations importantes, sauter en parachute, etc. Contrairement aux Américains, qui ont sélectionné des pilotes seniors, les responsables soviétiques ont décidé de choisir des pilotes relativement novices, ayant entre 25 et 30 ans, en grande partie parce que les vaisseaux spatiaux doivent être entièrement automatisés et que les cosmonautes doivent essentiellement avoir un rôle d’observateur. Leonov est un des 20 pilotes de l’armée de l’Union soviétique sélectionné en 1960 pour faire partie du premier groupe de cosmonautes.

Après un entrainement intensif de 18 mois destiné à l’habituer à l’impesanteur, il est désigné pour participer avec Pavel Beliaïev (commandant) à la mission Voskhod 2 dont l’objectif est de réaliser la première sortie extravéhiculaire dans l’espace.

Le 18 mars 1965, environ une heure et demie après que le vaisseau soit placé sur une orbite de 173 x 498 km, Leonov pénètre dans le sas gonflable Volga de Voskhod 2 pour commencer sa sortie dans l’espace. L’écoutille interne est refermée par Beliaïev. Celui-ci déclenche la dépressurisation du sas puis l’ouverture de l’écoutille externe. Leonov émerge prudemment du sas relié à la capsule spatiale par un filin de 4,5 mètres. Après s’être complètement extrait du sas, il est ébloui par le Soleil. Il signale qu’il parvient néanmoins à discerner les montagnes du Caucase que le vaisseau survole. Il enlève le capuchon de l’optique de la caméra fixée à l’extérieur sur le sas qui filme l’événement. Il tente d’effectuer des photos avec son propre appareil photo attaché à sa combinaison spatiale mais ne parvient pas à appuyer sur le déclencheur.

Alexeï Leonov raconte :

« Je m’avançais vers l’inconnu et personne au monde ne pouvait me dire ce que j’allais y rencontrer. Je n’avais pas de mode d’emploi. C’était la première fois. Mais je savais que cela devait être fait […]. Je grimpai hors de l’écoutille sans me presser et m’en extirpai délicatement. Je m’éloignais peu à peu du vaisseau […]. C’est surtout le silence qui me frappa le plus. C’était un silence impressionnant, comme je n’en ai jamais rencontré sur Terre, si lourd et si profond que je commençais à entendre le bruit de mon propre corps […]. Il y avait plus d’étoiles dans le ciel que je ne m’y étais attendu. Le ciel était d’un noir profond, mais en même temps, il brillait de la lueur du Soleil… La Terre paraissait petite, bleue, claire, si attendrissante, si esseulée. C’était notre demeure, et il fallait que je la défende comme une sainte relique. Elle était absolument ronde. Je crois que je n’ai jamais su ce que signifiait « rond » avant d’avoir vu la Terre depuis l’espace. »

Après une dizaine de minutes à flotter dans l’espace, Leonov entame les manœuvres pour réintégrer le vaisseau spatial. Il est prévu qu’il rentre les pieds devant pour pouvoir se réinstaller dans son siège, sans avoir à effectuer une culbute dans le sas car le diamètre de celui-ci ne le permet théoriquement pas. Mais il se rend alors compte que, dans le vide, la combinaison s’est tellement dilatée que ses pieds et ses mains ne sont plus positionnés dans les gants et les bottes, comme s’il a rétréci. Il doit faire tomber la pression dans son scaphandre à 0,27 atmosphère grâce à une valve pour retrouver un peu de maniabilité et, contrairement à ce qui est prévu, il s’introduit à grand peine dans le sas la tête la première. Une fois dans le sas, il effectue avec difficulté un retournement pour être positionné les pieds devant. Leonov est exténué, son pouls est monté à 143 battements par minute et sa température corporelle à 38 degrés Celsius. En nage, il ouvre son casque immédiatement après avoir déclenché la fermeture de l’écoutille externe et pressurisé le sas en violation de ses instructions. Il réintègre la cabine, puis l’équipage de Voskhod 2 entame la suite du programme de la mission. La marche de Leonov dans l’espace dure 12 minutes et 9 secondes tandis que l’écoutille externe est restée ouverte en tout 23 minutes.

La mission rencontre d’autres problèmes par la suite. L’écoutille s’étant mal refermée, de l’air de la cabine fuit lentement. Lors de la 17e orbite prévue pour la rentrée atmosphérique du vaisseau, la mise à feu des rétrofusées ne se déclenche pas, car le système d’orientation automatique du vaisseau ne fonctionne pas. Les deux cosmonautes doivent utiliser un système manuel, imprécis, qui les fait atterrir à 386 kilomètres du site prévu, dans une zone inhospitalière de Sibérie, au milieu d’une forêt dense. Les deux hommes passent deux nuits sur place avant de pouvoir être rapatriés.

Toutes ces péripéties non prévues de la sortie extravéhiculaire et de la mission sont tues par les autorités soviétiques après l’annonce du succès de la mission. Elles ne sont dévoilées que bien plus tard lors de la libéralisation du régime. Le 3 juin 1965, l’Américain Edward White réalise la première sortie américaine dans l’espace, d’une durée de 20 minutes.

En 1971, Leonov est désigné pour commander la mission Soyouz 11 dont l’équipage doit occuper la toute première station orbitale, Saliout 1, mais quatre jours avant le lancement, des tests médicaux laissent supposer qu’un membre de l’équipage, Valeri Koubassov, peut présenter des symptômes de tuberculose, ce qui entraîne le remplacement de tout l’équipage (Leonov, Koubassov et Piotr Kolodine) par l’équipage de réserve, composé de Gueorgui Dobrovolski, Vladislav Volkov et Viktor Patsaïev). Le vol est un succès mais se termine tragiquement par la mort des cosmonautes, asphyxiés par une fuite d’oxygène durant leur retour sur Terre, le 29 juin 1971.

En 1975, Leonov va jouer à nouveau un rôle décisif dans l’histoire du vol spatial puisqu’il est désigné commandant de Soyouz 19 en vue de la toute première jonction avec un vaisseau américain (souvent abrégé en ASTP pour Apollo-Soyouz Test Project), après plus de dix ans de compétition dans l’espace et surtout trente années de guerre froide.

Accompagné de Valeri Koubassov, Leonov pilote le Soyouz auquel vient s’arrimer le vaisseau américain Apollo, grâce à un système d’arrimage universel mis au point en collaboration par les deux pays. Les deux « cosmonautes » et les trois « astronautes » passent plusieurs heures ensemble avant la séparation et le retour sur terre. La poignée de main de Leonov et de Thomas Stafford, le commandant d’Apollo, est entrée dans les livres d’histoire.

Général de l’Armée de l’Air (à la retraite) et héros de l’Union soviétique, Leonov est aussi un artiste peintre à l’origine de plusieurs œuvres souvent en rapport avec sa passion comme Près de la Lune. Il participe à de nombreux colloques et conférences, la dernière le 23 avril 2015 à l’Euro Space Center à Redu en Belgique.

En février 2019, il est membre du comité consultatif de la société d’investissement Baring Vostok dont cinq membres sont arrêtés. L’assistante de Leonov déclare que le cosmonaute a quitté le pays pour se faire soigner à l’étranger. Selon elle, le départ est planifié et n’a rien à voir avec le cas de Baring Vostok. Un membre de sa famille confirme que le cosmonaute s’est adressé à des médecins étrangers en raison d’une maladie rénale et est actuellement en dialyse.

Alexeï Leonov est mort le vendredi 11 octobre 2019, à l’âge de 85 ans, à Moscou (Russie), des suites d’une longue maladie. Sa famille annonce son décès le 11 octobre 2019.

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Sources : Jesuismort, YouTube.

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