Agostinho Neto, homme d’état.

António Agostinho Neto Kilamba, né le 17 septembre 1922 à Kaxikane, Ícolo e Bengo, et mort le 10 septembre 1979 à Moscou, fut un homme d’État angolais, premier président de la République populaire d’Angola et président du Mouvement populaire de libération de l’Angola.


Agostinho Neto est le fils d’un pasteur méthodiste. De 1944 à 1947, il effectue un stage aux services sanitaires de Luanda, puis il part étudier la médecine à l’université de Coimbra au Portugal et à Lisbonne. Dans la capitale coloniale portugaise, il fréquente le milieu des Angolais exilés. Neto fait partie d’un mouvement qui cherche à faire revivre la culture angolaise traditionnelle. En 1951, il co-fonde le Centre d’études africaines à Lisbonne avec Amílcar Cabral, Mário Pinto de Andrade et Francisco José Tenreiro ainsi que l’Union des écrivains angolais.

Neto, carte maximum, angola.

Associé aux mouvements de nationalistes africains et anti-fasciste, il est incarcéré à plusieurs reprises. Sa seconde détention, de 1955 à 1957, n’a pris fin qu’à la suite des soutiens de la part de Jean-Paul Sartre, François  Mauriac, Louis Aragon, Simone de Beauvoir et Nicolás Guillén. Lors de ses derniers mois d’emprisonnement, il publie Quatro poemas de Agostinho Neto, dont les bénéfices servent à venir en aide aux familles de prisonniers politiques. Il obtient son diplôme de médecine en 1958. En 1959, il rentre en Angola et y installe un cabinet de consultations médicales.

À son retour en Angola, face à la répression militaire portugaise, il écrit le poème O içar da bandeira (la levée de drapeau), une hymne au nationalisme héroïque angolais. Son militantisme l’envoie en prison en 1960, ce qui provoque un mouvement de protestation populaire au cours duquel les forces militaires tuent 30 civils (connu sous le nom de massacre de Icolo e Bengo). Il passe deux ans incarcéré au Cap-Vert (alors partie de l’Empire colonial portugais), puis au Portugal d’où il s’évade. S’exilant au Maroc, il dirige le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), mouvement anti-colonialiste indépendantiste et marxiste angolais.

La Révolution des Œillets à Lisbonne en 1974 met fin au régime colonial et dictatorial de Marcelo Caetano, successeur de Salazar. La brutale répression de l’armée portugaise en Angola s’arrête. Les militaires, désormais au pouvoir à Lisbonne, offrent l’indépendance à la majorité des colonies portugaises. La date pour la déclaration de l’indépendance de l’Angola est fixée au 11 novembre 1975. Les autorités portugaises ne souhaitent pas, officiellement, choisir parmi les groupes militaires lequel obtiendra le pouvoir dans la nouvelle Angola indépendante. Des pourparlers sont engagés entre les trois principaux mouvements militaires (le MPLA, le FNLA et l’UNITA de Jonas Savimbi). Neto y représente le MPLA et cosigne les accords d’Alvor le 10 janvier 1975. Conformément à cet accord, un gouvernement de transition est mis sur pied le 31 janvier.

L’accord fait long feu. Neto considère que seul son mouvement de  libération, le MPLA, est apte à donner le pouvoir au peuple angolais et à « bâtir une société où l’homme ne soit plus exploité par l’homme ». Les trois mouvements indépendantistes entrent en lice pour le pouvoir. L’Angola est projetée dans la guerre civile. Neto ne perçoit pas comme tel le conflit ; pour lui, ce n’est que la phase finale de liquidation du colonialisme qui survit encore dans les deux mouvements d’opposition.

Grâce à l’appui logistique et militaire apporté par Cuba, Neto prend le dessus sur ses adversaires sans toutefois parvenir à contrôler dans sa totalité l’Angola. Ces liens militaires et économiques étroits qu’il entretient avec Cuba et l’Union des républiques socialistes soviétiques, vont s’accroître avec le temps.

Le 11 novembre 1975, le Portugal offre l’indépendance de l’Angola, non pas à un gouvernement mais au peuple de l’Angola. Neto s’empresse de  proclamer la République populaire d’Angola dont il se désigne président. La reconnaissance internationale du régime MPLA est rapide.

Tandis que la guerre civile continue, Neto met progressivement en place une dictature d’inspiration marxiste-léniniste, calquant le modèle soviétique. Neto érige le MPLA en parti unique, imposant à l’Angola un parti-État tout puissant ne tolérant aucune opposition externe. Les droits civiques les plus élémentaires sont bafoués et les organisations ou associations autonomes interdites.

Quant aux médias, Neto les nationalise tous en 1976. Plus aucun organe de presse n’est libre. La liberté d’expression est, de fait, censurée par l’État qui cherche par ailleurs à contrôler les manifestations culturelles.

À la suite d’une tentative de putsch ratée, le 27 mai 1977, contre sa personne et la ligne politique qu’il imposait, Neto purge le MPLA de ses opposants qui dans les mois qui suivent sont soit exécutés, soit arrêtés par dizaines de milliers. Puis, invoquant la nécessité de lutter contre ces « fractionnaires », il s’octroie les pleins pouvoirs.

Gravement malade, Neto est évacué vers Moscou pour être soigné. Il meurt le 10 septembre 1979. Trois pays non africains (Brésil, Portugal et Cuba) décrètent un deuil de trois jours en sa mémoire10. Lúcio Lara, secrétaire général du MPLA, est le successeur attendu de Neto mais il ne souhaite pas devenir président et José Eduardo dos Santos succède à Neto aux postes de président du pays et de président du MPLA.

Sa mort ne lui aura pas permis d’aboutir à son projet de normalisation des rapports avec les États-Unis.

À la mort de Neto, son corps fut embaumé à Moscou, pour être ensuite installé dans un mausolée situé à Luanda.

Plusieurs aéroports portent son nom, dont l’aéroport international Agostinho-Neto à Pointe-Noire en République du Congo et l’aéroport Agostinho Neto sur l’île de Santo Antão au Cap-Vert. En 1985, l’unique université publique angolaise choisit de prendre le nom d’Universidade Agostinho Neto.

Source : Wikipédia.

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