Abbaye Saint-Philibert, Tournus (Saône-et-Loire)

Saint-Philibert de Tournus est un ancien monastère bénédictin situé à Tournus, dans le département français de Saône-et-Loire et la région Bourgogne-Franche-Comté. De nombreuses parties de ce monastère sont conservées (réfectoire, cellier, cloître, salle capitulaire, etc.), et son église abbatiale est l’un des plus grands monuments romans de France.

Saint-Philibert de Tournus fait l’objet de multiples protections au titre des monuments historiques : un classement par la liste de 1840 pour l’église abbatiale, une inscription en 1927 pour la tuilerie du Moutier et la tour du Trésorier, des classements en 1928 pour divers vestiges de l’abbaye (notamment les restes de l’ancienne enceinte comprenant la tour de Quincampoix ou du Colombier, les deux tours de la porte des Champs et la tour du Portier), une inscription en 1930 pour les vestiges du cloître et un classement en 1951 pour le logis abbatial, salle capitulaire et le réfectoire. Une association s’est créée en 2014 pour demander son classement au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Son église abbatiale est devenue église paroissiale en 1802, et Saint-Philibert de Tournus a actuellement pour recteur le père Dominique Oudot, curé de la Paroisse Saint-Philibert en Tournugeois.En 2019, Tournus célèbre le Millénaire de la consécration de l’autel du chœur de l’abbatiale.

Eglise Saint-Philibert de Tournus, carte maximum, 18/06/1954.
  • 175 : les Romains ont implanté un camp fortifié sur le site. Il sert de relais pour les légions et les courriers de l’Empire.
    Juin 177 : début des persécutions contre les chrétiens, en particulier à Lyon. Certains s’enfuient vers le nord, dont un certain Valérien qui s’installe à Tournus. Valérien évangélise à Tournus.
  • 178 : saint Valérien est décapité. Il est inhumé à l’emplacement de la crypte actuelle de l’église. Le tombeau du martyr devient alors un lieu de recueillement clandestin pour les chrétiens. On en connaît très peu de chose, et aucun vestige matériel sauf un sarcophage, actuellement déposé dans la crypte. Le site ayant été peu fouillé, on ignore tout des édifices qui ont vraisemblablement occupé une partie de l’assiette de l’abbatiale actuelle entre la fin de l’Antiquité et la fin de la période carolingienne, soit un demi-millénaire.
    Au IVe siècle, construction probable du premier oratoire sur la tombe du saint après l’édit de tolérance de Milan. (313)
    Au VIe siècle, Grégoire de Tours mentionne la présence d’un sanctuaire. Le roi de Bourgogne Gontran implante une communauté monastique sur les lieux. C’est un monastère de fondation royale ne dépendant pas des puissances locales.
  • En 731, invasions des Sarrasins qui remontent le Rhône et la Saône. Elles endommagent probablement le monastère.
  • Le 19 mars 875, l’abbaye de Saint-Valérien et ses dépendances ainsi que la ville de Tournus et son castrum sont donnés par l’empereur Charles II le Chauve à la communauté des moines de l’abbaye Saint-Philibert de Noirmoutier. Les moines fuyaient depuis 836 pour se protéger des invasions vikings. Ils avaient d’abord déposés les reliques de saint Philibert à l’abbaye de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu avant de continuer après 847 leurs pérégrinations vers l’est pour trouver un abri.Mai 875 : les moines de saint Filibert s’installent à proximité des moines de Saint-Valérien. Ils apportent les reliques de saint Filibert. L’empereur confirme aux moines le privilège d’élire leur abbé.
Tournus, épreuve de couleur.
  • Entre 889 et 1316, les abbés se donnent le droit de battre monnaie.
  • De 928 à 946, abbatiat d’Aimin. En 936 – 937, invasions hongroises qui endommagent les bâtiments.
  • 960 : élection de l’abbé Étienne qui est désigné par tradition comme le premier constructeur de l’abbaye.

  • 979, translation des reliques de saint Valérien du sarcophage à l’autel du fond de la crypte. Le corps de saint Filibert est déposé dans le chœur : un conflit éclate à ce propos avec les partisans de saint Valérien. Le problème est réglé par le dépôt du corps de Valérien dans la crypte.
  • 980 à 1008, abbatiat de Wago.
  • Le 16 octobre 1006, un incendie oblige à faire de nouvelles constructions dans l’abbaye et à restaurer le chevet de l’église. La plupart des bâtiments conventuels datent des XIe-XIIe siècle.
  • Entre 1008 et 1028, élection de l’abbé Bernier. Il entreprend la reconstruction en commençant le chevet, les cinq chapelles rayonnantes et le transept avec pour chaque bras une abside semi-circulaire orientée.
    Le 29 août 1019, consécration du chœur de l’église par les évêques de Chalon et de Mâcon.
  • Entre 1028 et 1056, Ardain de Tournus est élu abbé de Tournus. Il modifie le projet de reconstruction. Il fait entreprendre l’avant-nef (narthex) à l’ouest et construit la chapelle supérieure (Saint-Michel).
  • Entre 1030 et 1033, une terrible famine décime la population.
    De 1066 à 1108, construction des voûtes de la nef centrale pendant l’abbatiat de Pierre Ier (1066-1105).
  • Avant 1087 : rédaction par Falcon, moine de Tournus, à la demande de l’abbé Pierre, de la Chronique de Tournus.
  • Avant 1114 et après 1120, abbatiat de Francon de Rouzay.
  • 1119 : confirmation des dépendances de l’abbaye par le pape Calixte II. Quelque 270 possessions sont recensées, sur une vingtaine d’évêchés, essentiellement dans le Val-de-Loire, le Poitou, la Bourgogne, l’Auvergne et la vallée du Rhône.
  • Le 11 février 1120, consécration de nouvelles constructions par le pape Calixte II. Deux tours, une sur la croisée et l’autre au nord de la façade, sont ensuite ajoutées.
  • 1140 : translation des reliques de saint Ardain dans l’église.
    La salle capitulaire est refaite au XIIIe siècle.
  • 1339 : construction de la chapelle du Saint Sacrement dans le collatéral gauche par Geoffroy de Berzé.

  • 1422 : prise de Tournus par les Armagnacs, mais les fortifications ceinturant l’abbaye lui permettent de ne pas être mise à sac.
  • 1425 : construction de deux autres chapelles dans le collatéral gauche et de la chapelle Saint-Vincent.Le dimanche 14 avril 1482, passage du roi Louis XI effectuant un pèlerinage vers Saint-Claude.Au XVe siècle, le palais abbatial actuel est construit.
  • 1498 : l’abbaye est donnée en commende.
  • 1562 : l’abbaye est saccagée par les Huguenots, qui détruisent une partie des reliques.
  • 1627 : suppression, sous l’abbatiat du cardinal François de La Rochefoucauld, de l’abbaye telle qu’elle fut fondée, suite à sa sécularisation. Les moines réguliers encore présents cèdent la place à à un collège de dix chanoines et de six demi-chanoines.
  • 1722 : réfection du sol de l’église.
  • 1785 : suppression du collège de chanoine.
  • 1790 : l’église devient propriété communale.
Art Roman à tounus, carte maximum.
  • 1793 (décembre) – 1794 (mai) : l’abbaye est affectée au culte athée de la Raison (l’inscription « Temple de la Raison » est inscrite au frontispice de l’ancien portique de l’abbatiale). Aux rites liturgiques succède un culte reposant sur la lecture des lois nouvelles, des promenades ou défilés civiques, des discours officiels, des hymnes et chants patriotiques, des banquets fraternels.
  • Mai 1794 : instauration du culte de l’Être suprême (18 floréal an II) ; l’édifice est transformé en temple décadaire, la municipalité faisant retirer l’inscription « Temple de la Raison » gravée au frontispice de l’église pour la remplacer par : « Le peuple français reconnait l’existence de l’Être suprême et l’immortalité de l’âme ».
  • 1802 : l’église est restituée au culte et devient celle de la paroisse, l’abbé Jacques Létienne, prêtre insermenté réfugié en Suisse, ancien élève de la maîtrise de la collégiale et vicaire de Saint-André au début de la Révolution, ayant été choisi pour être curé de Tournus après le 9 Thermidor.
  • 1840 : classement de l’église abbatiale, qui figure dans la première liste.
    De 1841 à 1851, restauration de l’église par l’architecte Charles-Auguste Questel et reconstruction du portail de la façade occidentale, de l’escalier tournant de la chapelle St-Michel.
  • Entre 1908 et 1915, le service des Monuments historiques font une décapage général de l’intérieur (architecte Ventre).
  • 1927 (12 avril) : inscription par arrêté de la tour du Trésorier et des bâtiments claustraux.
  • 1928 (29 avril) : classement par décret des restes de l’ancienne enceinte comprenant la tour Quincampoix (ou du Colombier) et la partie de courtine attenante à l’est.
  • 1928 (23 octobre) : classement par arrêté des restes de l’ancienne courtine attenante à l’ouest, de la tour nord de l’entrée, de la tour sud de l’entrée et de la tour dite du Portier.
  • 1932 (29 janvier) : inscription par arrêté (au titre de la loi du 2 mai 1930) du jardin public de la Légion d’honneur (square de l’abbaye).
  • 1951 (28 mai) : classement par arrêté du logis abbatial, de la salle capitulaire, du réfectoire des moines et des deux caves anciennes dites Les Grandes Caves.
  • 19 décembre 1999 : cérémonie de consécration par monseigneur Raymond Séguy du nouvel autel de l’abbatiale (dû à l’artiste géorgien Goudji).
  • 2000 : protection du centre historique au titre des « secteurs sauvegardés ».
  • 2005 : Le nombre de visiteurs est estimé à 300 000 (statistique du Comité régional du tourisme).
  • 2019 : célébration du Millénaire de la consécration de l’autel du chœur de l’abbatiale.

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Sources : Wikipédia, Youtube.

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