Jean-Baptiste Carpeaux, sculpteur, peintre et dessinateur.

Jean-Baptiste Carpeaux, né le 11 mai 1827 à Valenciennes et mort le 12 octobre 1875 à Courbevoie, est un sculpteur, peintre et dessinateur français.

Installé à Paris avec sa famille en 1838, Carpeaux intègre l’Ecole des beaux-arts en 1844 et reçoit, de 1845 à 1854, une pension de sa ville natale.
Il s’inscrit comme élève de François Rude, figure du Romantisme, sculpteur de la Marseillaise de l’Arc de triomphe de l’Etoile, mais personna non grata à l’Ecole.

Le concours annuel pour prix de Rome, enjeu majeur dans la perspective d’une carrière parisienne, est dès le départ l’un des objectifs du jeune Carpeaux. Les vainqueurs partent à Rome, pour un séjour de quatre ans à l’Académie de France, la Villa Médicis, afin de parfaire leur formation au contact des chefs-d’oeuvre de l’Antiquité et de l’art italien et doivent envoyer régulièrement des travaux à Paris.

Les sujets tirés de la mythologie et de l’histoire antiques ou des Saintes Ecritures ne l’inspirent guère : après plusieurs tentatives infructueuses, il choisit de quitter l’enseignement de Rude pour celui du sculpteur Francisque Duret, professeur à l’Ecole des beaux-arts, qui lui promet le succès en deux ans.

En septembre 1854, Carpeaux obtient le grand prix de Sculpture avec Hector implorant les dieux en faveur de son fils Astyanax.

Carpeaux arrive à Rome en 1856 avec presque deux ans de retard, se plaçant ainsi dès le départ dans une position délicate vis-à-vis du directeur de la Villa Médicis, le peintre Victor Schnetz. Rebelle aux règlements, parfois querelleur, Carpeaux peine à se couler dans un moule qui ne lui convient guère, mais noue néanmoins à l’Académie de France à Rome de solides amitiés avec certains de ses confrères, tel le sculpteur Alexandre Falguière ; ensemble ils explorent sans répit la ville et ses environs.

Jean-Baptiste Carpeaux, carte maximum, Courbevoie, 7/06/1958.

Rome est pour Carpeaux une source de multiples révélations, Michel-Ange avant tout, auquel il voue immédiatement un culte absolu dont il ne se départira pas tout au long de sa carrière. La vie du peuple italien lui inspire de nombreuses études sur le vif. L’exaltation de ces années romaines passe également par une liaison avec une jeune paysanne des monts Sabins, Barbarella Pasquarelli, “La Palombella”. Envoi de deuxième année, le Pêcheur à la coquille le fait connaître aux publics romains et parisiens.

Les sculpteurs pensionnaires de la Villa Médicis devaient modeler l’esquisse de leur dernier envoi en quatrième année, puis la transcrire en marbre l’année suivante. Carpeaux imagine un groupe tiré du chant XXXIII de l’Enfer de Dante : Ugolino della Gherardesca, tyran de Pise au XIIIe siècle, est condamné par son rival, l’archevêque Ruggiero Ubaldini à être muré vivant avec ses fils et petits fils dans une tour. Il y dévore sa descendance avant de mourir de faim. Carpeaux fusionne dans son groupe la terribilità du récit dantesque et l’inspiration michelangélesque, tout affirmant s’inspirer d’un antique célèbre, le Laocoon.

De 1858 à 1861, Ugolin connaît une difficile genèse. Conçu d’abord comme un bas-relief, il devient un groupe comportant trois puis cinq figures, à l’encontre du règlement de l’Académie.
Le directeur bien que sensible à la valeur de l’esquisse, s’y oppose d’abord fermement, générant la résistance opiniâtre puis le désespoir de Carpeaux, obligé d’abandonner le modelage en décembre 1858. Carpeaux le convainc néanmoins de le laisser terminer sa sculpture.

Sculpture de J.B. Carpeaux, carte maximum, 4/07/1970.

La fin officielle de son séjour approchant, le sculpteur se rend à Paris en 1860 où il sollicite une prolongation de deux ans. De retour à Rome, il travaille fiévreusement à son groupe, très admiré des visiteurs de son atelier. L’accueil du plâtre à Paris en 1862 n’est pas à la hauteur de ses espérances.
Outré des remarques de l’Académie relayées par la presse, blessé par la commande par l’Etat d’un marbre pour une somme insuffisante, Carpeaux obtient, après d’âpres négociations, la fonte d’un bronze.

Menaçant ruine, le pavillon de Flore est démoli et reconstruit par l’architecte du nouveau Louvre de Napoléon III, Hector Lefuel, afin d’abriter les appartements du prince impérial. Porté par le succès d’Ugolin, Carpeaux obtient en 1864 la commande du décor du couronnement de la façade sud, côté Seine, : un fronton orné de figures allégoriques, La France impériale portant la lumière dans le monde et protégeant l’Agriculture et la Science, un relief sur l’attique, Flore, ainsi qu’une frise d’enfants porteurs de palmes.

Le sculpteur réalise de nombreux croquis de mise en place des figures du fronton, s’inspirant, pour la Science et l’Agriculture des allégories du Jour et de la Nuit sculptées par Michel-Ange pour les tombeaux Médicis à Florence.
Carpeaux accumule les retards, provoquant l’exaspération de Lefuel, qui menace de lui retirer le projet. Parallèlement, Carpeaux travaille activement au relief de Flore, passant d’une composition inspirée par la Renaissance à une figure souriante et rubénienne, débordant d’une vie frémissante.

Jean-Baptiste Carpeaux, épreuve d’artiste.

Manifeste d’un éclectisme qui renouvelle profondément la sculpture moderne, la composition rompt le lien séculaire d’inféodation de la sculpture décorative à l’architecture. Mécontent de la saillie de la figure dont il estime qu’elle nuit à l’ordonnancement de son projet, Lefuel menace Carpeaux d’en araser la tête. Le sculpteur demande l’arbitrage de l’empereur et obtient gain de cause. Dévoilé en 1866, l’ensemble du décor imaginé par Carpeaux consacre sa célébrité.

A l’exception du Watteau à Valenciennes, qu’il ne verra pas achevé de son vivant, et de la Fontaine de l’Observatoire à Paris, Carpeaux ne réalise pas de monuments publics dissociés d’un décor architectural.
La Tempérance pour l’église de la Trinité, le décor du pavillon de Flore, la Danse, la Fontaine de l’Observatoire, le fronton de l’Hôtel de Ville de Valenciennes : autant de commandes se succédant, lui laissant peu de répit, alors qu’il déploie par ailleurs une intense activité de portraitiste.

Mais, poussé par son ami le marquis de Piennes, Carpeaux participe néanmoins à plusieurs concours nationaux ou internationaux, qui cristallisent parfois ses doutes. Subsistent ainsi plusieurs projets inaboutis dont témoignent dessins et esquisses qui éclairent un aspect non négligeable de la vie des sculpteurs de la seconde moitié du XIXe siècle, la quête incessante de commandes pour subsister.

Carpeaux regarde les réalisations de ses contemporains, voit souvent grand et imagine parfois des monuments d’un souffle épique impressionnant dont la réalisation aurait tranché avec l’esthétique alors dévolue au genre (Moncey). Affaibli par sa santé déclinante, Carpeaux ne peut mener deux commandes tardives – Rabelais et Saint Bernard – au-delà de l’esquisse préliminaire.

Le monument au peintre Jean-Antoine Watteau (1684-1721), natif de Valenciennes, estt un projet qui occupe Carpeaux pendant une grande partie de sa carrière. Dès son séjour à Rome, le sculpteur réfléchit au moyen d’exprimer sa reconnaissance à sa ville natale, qui lui a octroyé une bourse.

Il présente son projet au maire en mai 1860 : une fontaine dominée par la statue en pied de Watteau. Carpeaux pousse Valenciennes à prendre modèle sur Anvers qui a érigé vingt ans plus tôt monument à Rubens et ne demande aucune rémunération à l’exception du remboursement des frais, souhaitant exécuter la statue en marbre.Il copie à plusieurs reprises des dessins de Watteau pour la mise en place de sa composition. Comme la plupart des projets monumentaux auxquels le sculpteur s’attelle, la statue de Watteau connaît quelques péripéties, dont la destruction d’un modèle en plâtre dans un accès de déception. La lenteur des décisions de la ville ne freine pas l’ardeur de Carpeaux à promouvoir inlassablement son projet entre 1869 et 1874.

C’est quatre ans après sa mort, en 1879, que le monument, fondu en bronze, est inauguré au pied de l’église Saint-Géry et non à l’emplacement rêvé par Carpeaux, sur la Place d’Armes.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, Musée d’Orsay, YouTube, Figaro TV.

 

Désolé, mais la copie des textes et des images n'est pas autorisée.