Sean Scully, peintre.

Sean Scully est un peintre irlandais naturalisé américain, né à Dublin le 30 juin 1945. Ses inspirations tiennent de Matisse, Mark Rothko et van Gogh.

Alors qu’il est âgé de quatre ans, sa famille fait un voyage difficile pour emménager dans le quartier pauvre du sud de Londres. Cet environnement est complètement irlandais. Sa mère (chanteuse professionnelle) et son père seront champions de tango. Son premier contact avec la peinture a lieu dans une église ; il est alors fasciné par les représentations de la Vierge, de croix et des cierges. Plus tard, il passe d’une institution religieuse à l’école publique, beaucoup plus violente, et monte un dispensaire pour animaux avec l’aide de ses parents. À neuf ans, il sait qu’il sera artiste. Il s’intéresse d’abord à la musique populaire, le rythm & blues américain, goût qu’il conservera toute sa vie.

En 1960 il entre comme apprenti chez un typographe puis il suit les cours du soir de la Central School of Art de Londres. En 1964 il découvre à la Tate Gallery la chaise de Van Gogh, peinture devant laquelle il ressent profondément ce que sont l’honnêteté et l’intégrité en art. Il décide alors de se consacrer entièrement à l’étude de l’art, il entre au Croydon College of Art, s’intéresse à Nolde, à Schmidt-Rottluff, à Matisse. Il découvre l’expressionnisme abstrait américain. Sous l’influence de Rothko et de Bridget Riley, il abandonne la peinture figurative pour élaborer progressivement un vocabulaire précis de trames, de lignes et de bandes qui forment un champ optique riche dans lequel l’illusion de la profondeur de l’espace est renforcée par le contraste des couleurs. En 1969, il visite le Maroc, les structures et les couleurs des textiles et des tapis locaux lui font une vive impression et modifient son travail.

Scully, carte maximum, Paris, 29/01/1994.

Il travaille ainsi dans la mouvance de l’expressionnisme américain où il souhaite faire transparaitre métaphoriquement une certaine réalité sociale. Grâce à sa bourse Knox, il est étudiant à l’Université de Hardvard pendant un an. En 1972, dans le courant de cette année à Harvard University, il utilise des bandes de papier collant et des peintures à l’aérosol pour composer des grilles où s’entrelacent des bandes horizontales, verticales ou obliques dont toute expressivité est bannie. Puis il revient en Angleterre et enseigne à la Chelsea School of Art et au Goldsmith’s College. Il réalise sa première exposition personnelle à Londres à la Rowan Gallery et obtient une bourse Harkness qui lui permet d’émigrer aux États-Unis.

Scully, épreuve de luxe.

En 1975, il rencontre sa future femme : Catherine Lee qui fait des sculptures monumentales et inspirera notamment les Catherine Paintings de Sean Scully. Il fait sa première exposition personnelle à New York chez Duffy-Gibbs. Il rencontre la plupart des artistes minimalistes. L’amitié de Robert Ryman l’encourage à simplifier son mode d’expression. Ensuite il est professeur d’arts plastiques de l’Université de Princeton. À cette époque, ses peintures sont plus souvent grises ou noires. La composition est réduite à l’essentiel : de fines bandes horizontales ou verticales. Il obtient une bourse Guggenheim et devient citoyen américain. Dès 1981, la situation à New York change, il effectue alors divers séjours au Mexique jusqu’en 1990. Il commence à peindre d’après nature, transcrivant son expérience de la couleur et de la lumière directement sur le papier grâce à l’aquarelle. En 1981, sa première rétrospective s’ouvre à l’Ikon Gallery à Birmingham. L’exposition circule dans le Royaume-Uni sous les auspices de l’Art Council of Great Britain.

Il commence à prendre du recul avec l’esthétique minimaliste. La couleur et l’espace reprennent leur place dans son travail. Il abandonne l’usage des bandes de papier adhésif et commence à dessiner à main levée. Le coup de pinceau retrouve une existence affirmée, il multiplie les couches de peinture obtenant peu à peu cette richesse de palette qui le caractérise. De cette année pivot date la peinture la plus emblématique de sa nouvelle manière : Backs and Fronts.

Prêt-à-poster Scully, avec repiquage privé (2004).

En 1982, il passe l’été dans une résidence pour artistes fondée par Edward Albee à Montauk. Avec Heart of Darkness, titre emprunté à Joseph Conrad, il parvient à la pleine maturité de son travail en combinant une géométrie rigide et une texture colorée pleine d’expression.

En 1983 il devient citoyen américain. Son fils Paul, 19 ans, né d’un premier mariage, se tue dans un accident de voiture. Il lui dédie un tableau dans lequel il ne craint pas de rendre visible les sentiments de désolation qui sont alors les siens.

Il entreprend ses premières gravures, début d’une pratique régulière.

En 1985, il obtient sa première exposition muséale aux États-Unis, au Carnegie Institute de Pittsburgh. L’exposition est reprise par le Museum of Fine Arts de Boston. Les peintures gagnent en épaisseur et en puissance, les bandes de couleurs s’élargissent.

En 1989, la White Chapel Art Gallery à Londres présente une exposition qui circule au Palacio Velasquez à Madrid, et à la Städtische Galerie im Lenbachhaus à Munich.

La première monographie sur son travail écrite par Maurice Poirier est publiée par Hudson Hills Press. Pour la première fois, des photographies prises par Sean Scully y sont reproduites.

En 1992 il réalise pour la BBC un film sur le séjour de Matisse au Maroc en 1912. L’ensemble des Catherine Paintings est montré pour la première fois au Museum of Modern Art of Forth Worth, Texas en 1993.

Il décide ensuite d’installer un atelier à Barcelone en 1994. Il se met aux pastels et à la gravure sur bois à eaux-fortes.

1995, nouvelle étape dans son œuvre, les Floating Paintings, boites en aluminium qui sont fixées au mur par leur côté le plus étroit, les autres côtés sont peints formant une peinture en trois dimensions.

En 1996, la première rétrospective en France de l’artiste se passe à la Galerie nationale du Jeu de Paume. En 1997 les photographies de Sean Scully sont exposées pour la première fois à la Sala de Exposiciones Rekalde de Bilbao. Il expose ensuite (des photographies) à São Paulo, à Vienne, New York, Caen…

En 1999 Scully s’installe dans un nouvel atelier à Chelsea. Scully devient membre d’une association irlandaise de promotion de l’art en 2001. L’année d’après, il part enseigner la peinture à l’Académie des beaux-arts de Munich où il travaille depuis. Il conserve depuis cette date un grand atelier à Mooseurach dans la campagne munichoise.

En 2004 une rétrospective ouvre au Sara Hilden Art Museum à Tampere, elle circule ensuite à la Stiftung Weimarer Klassik à Weimar ainsi qu’à la National Gallery of Australia à Canberra.

En 2005 une exposition se concentrant pour la première fois sur la série des Wall of Light ouvre à la Phillips Collection à Washington et circule au Modern Art Museum of Fort Worth, Texas, au Cincinnati Art Museum, Ohio et au Metropolitan Museum of Art, New York.

En 2006 la Hugh Lane Municipal Gallery de Dublin consacre une salle permanente aux peintures de Sean Scully. Sean Scully a fait don de l’ensemble de son œuvre gravée à la Bibliothèque Nationale de France à Paris, qui les expose.

En 2007 une rétrospective commence à la Fondation Joan-Miró de Barcelone et circule en 2008 au Musée d’Art Contemporain de Saint-Étienne et au MACRO de Rome.

Révélé au public français par l’exposition présentée à la Galerie Nationale du Jeu de Paume en octobre 1996, Sean Scully n’a cessé de recevoir depuis deux ans des preuves de consécration internationale : Rétrospective au Hirshhorn Museum de Washington, aux musées de Francfort, de Barcelone, de Bologne, de Munich, de Dublin…

Ayant retenu du minimalisme américain le goût d’un art construit et laconique, Sean Scully a su se démarquer de cette tendance et la renouveler en lui insufflant chaleur et matière.

Humaniser l’art abstrait, tel semble être l’objectif de Scully. Un alphabet restreint à quelques formes simples, carrés, rectangles, bandes horizontales et verticales, lui permet d’exprimer une grande variété de sentiments dans des tableaux dont la présence s’impose.

La Poste française lui a demandé de représenter l’Irlande dans la série européenne des timbres poste d’artistes, il réalise également l’affiche du tournoi de Roland-Garros en 2001.

En 2003, le Massachusetts College of Art (Boston) le nomme “Honorary Doctor of Fine Arts” et fait don de son œuvre gravée à la Bibliothèque nationale de France l’année suivante (don qui sera suivi d’une exposition en 2006).

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.